Petit rappel : le meilleur compromis jamais mis en place par toutes les factions politiques fut le programme du Conseil National de la Résistance (CNR), destiné à rétablir la République et reconstruire la France après la dernière guerre. Depuis 1962, avec l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, l’art du compromis a disparu du débat politique français. Avec le système majoritaire à deux tours, l’objectif est désormais d’obtenir une majorité écrasante, réduisant au silence l’opposition (même si celle-ci représente 49,5 % des suffrages) et lui refusant toute participation significative.
La réduction du mandat présidentiel à cinq ans, aligné sur celui des députés, et l’organisation des élections législatives juste après l’élection présidentielle ont renforcé, au détriment du Parlement, un régime présidentiel de fait. Depuis lors, la seule élection réellement cruciale pour tout homme politique ambitieux est l’élection présidentielle.
Pour certains candidats professionnels, comme Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, et d’autres plus occasionnels, tels que Laurent Wauquiez, Édouard Philippe, Gabriel Attal ou Éric Zemmour (liste non exhaustive), tous les moyens, y compris les plus contestables, semblent bons pour atteindre le second tour – leur unique chance d’être élus. Mais si l’on écoute leurs discours, on constate qu’ils prêchent, comme on dit vulgairement, “tout pour leur pomme”.
Y en a-t-il seulement un qui évoque les grands principes fondamentaux qui devraient primer dans notre République :
• l’intérêt général avant tout,
• la préservation des valeurs essentielles :
• la liberté,
• la solidarité,
• l’unité de la nation,
• le respect des minorités,
• et la recherche constante des équilibres (les forts doivent aider les faibles) ?
Petit à petit, ces “politiques” se sont mués en “Objets à Contenu Non Identifié” envahissant l’espace médiatique. C’est la “Génération TikTok” : le royaume du mensonge pour les “gogos”.
Depuis une cinquantaine d’années, des pans entiers de notre société française se sont effondrés. Ils partent “en c…” comme on dit, mais justement. Quelques exemples :
• 8 à 10 millions de mal-logés (et pourtant, on construit),
• 6 millions de personnes vivant dans une pauvreté réelle,
• un système scolaire en déclin, malgré des réformes incessantes,
• un système de santé en état de “souffrance”,
• un ascenseur social disparu – remplacé par un “déclassement” croissant,
• des salaires stagnants depuis 30 ans – compensés par des aides qui maintiennent le système sous perfusion,
• une désindustrialisation massive (avec seulement quelques champions restants),
• des fractures territoriales,
• des fractures sociales,
• des écarts financiers criants : la richesse pour quelques-uns, la dette pour tous les autres.
La liste pourrait s’allonger indéfiniment.
L’homme politique français est complètement discrédité. Les citoyens qui votent encore élisent des “populistes” comme le RN ou LFI, plus par désespoir que par conviction. Ils cherchent à renverser la table, quitte à faire exploser le système. Mais, au fond, ils savent qu’aucune amélioration n’en découlera. La résignation domine : il faudra se débrouiller seul.
Alors, un jour verra-t-on surgir un “messie” politique ? Un homme ou une femme capable de tenir un discours franc et sincère ? Quelqu’un qui aimera le peuple français avant de s’aimer lui-même, qui sera prêt à se sacrifier pour la France et ses citoyens ?
Alors, peut-être, le peuple se relèvera, empli d’optimisme, fier de marcher ensemble vers le bonheur.
(Sortons nos lunettes et surveillons TikTok.)
Victor Mac, le 04/12/24 (deux heures moins le quart avant la censure du montagnard)