Le travail est dangereux !
J’étais dans ma voiture stationnée le long du trottoir dans une rue très commerçante de Pontoise et je regardais d’un œil distrait l’agitation de la rue. Sur le trottoir d’en face officiait un Agent de la propreté urbaine, un balayeur comme on disait avant. Il tirait, d’une main, son chariot sur lequel il y avait une poubelle, un seau, une pelle et des balais et de l’autre main, muni d’une longue tige avec une pince, il ramassait les détritus qui jonchaient, ici et là, sur le trottoir. Soudain, il lâcha son chariot et il traversa la rue rapidement en grande enjambée – il était très grand environ 1,85 m – et il vint avec sa longue pince ramasser un papier qui trainait sur le trottoir d’en face. Un fois le papier indésirable prisonnier de l’implacable pince il retraversa la rue en direction de son chariot poubelle. Scène banale me direz-vous. Peut-être. Et bien non. Cela aurait pu être une scène tragique.
En effet, quand le regard du balayeur a repéré l’indécent papier sur l’autre trottoir il s’est précipité pour le ‘’pincé’’ de peur qu’il ne s’envole. Son regard focalisé sur le déchet, il a traversé la rue sans se préoccuper le moins du monde du trafic automobile. Une voiture qui arrivait à une vitesse apparemment excessive a fait une brusque embardée pour éviter de justesse l’homme. Elle a failli même percuter les voitures stationnées le long du trottoir. L’agent de propreté urbaine ne s’était aperçu de rien. Un tragique accident corporel avait été évité.
En assistant à cette scène j’ai compris que le métier de ‘’balayeur de rue’’ était un métier hautement dangereux et à plusieurs titres.
– Premier danger, comme c’est souvent le cas, ce sont les autres qui sont dans le même espace où nous sommes et que nous devons partager. Dans l’exemple cité un véhicule qui circulait dans la rue où opérait l’agent.
– Concernant plus précisément le métier de balayeur d’espace public il y a le risque de contaminations au contact des détritus et des immondices à récupérer et ceux-ci peuvent être dangereux à cause de bactéries, virus, émanations pestilentielles et autres odeurs. Un exemple, dernièrement on a trouvé une aiguille hautement radioactive dans une rue.
– Possibilité d’être blessé par un objet pointu et/ou coupant comme des éclats de verre, des pièces métalliques, ….
– En cas de blessure, iil y a risque d’infection comme le Tétanos
– Risque météorologique comme les intempéries, le froid ou la chaleur, …
Il y a probablement beaucoup d’autres risques.
L’employeur a-t-il prévu les moyens pour protéger l’opérateur. Il semblerait que oui.
L’agent de propreté urbaine est habillé de pieds en cap par une combinaison qui présente les caractéristiques suivantes :
– Une seule pièce, genre combinaison de ski, dans laquelle il faut s’introduire. Une fois refermé l’habit est étanche. On est bien protégé des intempéries. Il y a aussi une capuche pour protéger la tête et des gants pour protéger les mains.
– Mais la caractéristique principale de cette combinaison est sa couleur —> un magnifique jaune fluo avec des bandes réfléchissantes dans le dos, sur les bras et les jambes.
Habiller de la sorte, avec ce bel uniforme, on a fière allure. Mais surtout, on est bien visible.
D’autre part les matériels et accessoires fournis pour exercer ce métier me semble être très complet : chariot, poubelle, seau, deux balais, deux pelles, une balayette, une pince à long manche pour éviter de se baisser —> ça évite surtout le mal de dos.
Vu sur cet angle ce métier doit être très recherché et certainement bien payé en rapport avec les risques encourus.
Bel uniforme, bon équipement, travail à l’air libre, pas de petit chef sur le dos. Bref la liberté mais un travail très dangereux.
On ne peut pas tout avoir dans la vie
Victor Mac Pontoise février 2023