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Les Racontars de Victor Maculan

  • De la mouette ou du canard il faut choisir

    novembre 29th, 2023

    – « On m’a dit que vous Ă©tiez chasseur. Est-ce exact ? Â»

    – « Eh bien disons que j’ai fait de mon mieux pour devenir un bon chasseur ».

    – « Vous avez tuĂ© beaucoup de gibier ? Â»

    – « Ce n’est pas ce que je voulais dire. D’ailleurs j’ai tuĂ© trĂšs trĂšs peu : un lapin, peut-ĂȘtre une poule faisane et deux 
. Mais ceci est une autre histoire. Disons que j’ai essayĂ© d’ĂȘtre un bon compagnon de chasse sans me soucier de faire un score. Le plus important pour moi Ă©tait de partager des bons moments avec les amis, les copains et les cousins. Je voulais ĂȘtre un bon camarade. Â» 

    – « Parlez-moi de cette autre histoire que vous semblez vouloir cacher Â».

    – « Ce n’est pas que je veuille cacher cette histoire mais elle n’est pas brillante pour mon Ă©go et encore moins pour ma rĂ©putation de chasseur. Â»

    – « Allez, allez racontez ! »

    C’était ma deuxiĂšme saison de chasse. A cette Ă©poque je chassais avec mon beau-frĂšre et mes cousins tous passionnĂ©s de chasse. Nous chassions dans un des plus beaux territoires de chasse du dĂ©partement de la Savoie : La Motte Servolex – Le Bourget du Lac. 

    Un lac et des riviĂšres pour la passe aux canards, de la plaine et des champs pour le lapin, le liĂšvre, le faisan et autres gibiers Ă  plume. Enfin la montagne avec des gibiers plus gros comme le chevreuil et le sanglier. A l’époque je venais un week-end sur deux voir mes parents et quand la saison de la chasse Ă©tait ouverte, le dimanche matin ‘’partie de chasse’’ obligatoire avec les cousins et le beau-frĂšre.

    LevĂ© aux aurores, on commençait par la passe aux canards le long de la riviĂšre La Leysse qui se jetait dans le lac du Bourget. AprĂšs la passe c’était la traque aux lapins et aux faisans dans la plaine entre les deux montagnes du Revard et du mont du Chat. En fait, ce qui me plaisait le plus ce n’Ă©tait pas de tirer du gibier c’était le casse-croute de dix heures que l’on prenait dans une boulangerie-bistrot en bordure de notre terrain de chasse. Des diots grillĂ©s, de la tome de Savoie sur un bon pain de campagne le tout arrosĂ© par un petit vin blanc de Savoie de derriĂšre la montagne. Bien au chaud Ă  cotĂ© de la cheminĂ©e.

    A cette Ă©poque, j’habitais la rĂ©gion lyonnaise oĂč je dirigeais une entreprise de distribution de jouets en gros situĂ©e en pĂ©riphĂ©rie de l’est lyonnais. TrĂšs proche de la fameuse rĂ©gion des Dombes dans l’Ain. Cette rĂ©gion Ă©tait rĂ©putĂ©e pour ses milliers d’étangs. Un film de Patrice Leconte, ‘’Ridicule’’, raconte l’histoire de cette rĂ©gion de marais et de fiĂšvres et celle d’un jeune aristocrate qui voulait convaincre le Roi Louis XVI de l’aider Ă  assĂ©cher les paludes. Ce film de 1996 reçu quatre Oscars. 

    Cette région était aussi trÚs célÚbre pour ses nombreuses chasses privées appartenant à la bourgeoisie industrielle et marchande lyonnaise.

    Mon entreprise de jouets Ă©tait un trĂšs gros expĂ©diteur de marchandises. Quelques milliers de tonne expĂ©diĂ©es par an sur tout la France. Nous avions donc des contrats importants avec quelques sociĂ©tĂ©s de transport. Le dirigeant d’une de ces sociĂ©tĂ©s de transport me sollicitait rĂ©guliĂšrement depuis plusieurs annĂ©es pendant la saison de la chasse. Il voulait m’inviter Ă  une partie de chasse dans sa ‘’superbe’’ chasse privĂ©e des Dombes. 

    J’avais toujours repoussĂ© cette invitation. Je ne me considĂ©rais pas suffisamment bon chasseur pour participer Ă  ce genre de ‘’partie’’ avec des personnes passionnĂ©es de chasse et considĂ©rĂ©es comme des ‘’fines gĂąchettes’’. Enfin, un jour sur la forte insistance de ce fournisseur, je finis par accepter son invitation.

    Un samedi, rendez-vous Ă  cinq heures du matin devant l’église de Mionnay. N’habitant pas trĂšs loin je suis arrivĂ© un peu avant cinq heures. Je garais ma voiture devant l’église et je laissais les phares allumĂ©s dans la nuit noire de l’automne. Je n’ai pas attendu trĂšs longtemps et bientĂŽt quatre ou cinq voitures sont arrivĂ©es et se sont garĂ©es devant l’église. Les personnes sortirent des vĂ©hicules et se rapprochĂšrent dans la lumiĂšre des phares pour se saluer.

    Le patron de la société de transport vßnt à ma rencontre, me serra la main et il me présenta rapidement aux autres chasseurs qui apparemment étaient tous des amis co-actionnaires de la chasse privée.

    • « Vous allez me suivre avec votre voiture. Notre chasse n’est pas trĂšs loin Ă  une dizaine de kilomĂštres environ ».

    Nous avons roulĂ© en convoi sur la route nationale en direction de Bourg en Bresse pendant quelques kilomĂštres avant de tourner dans une route de traverse qui s’enfonçait dans la forĂȘt obscure. Un premier croisement, un deuxiĂšme, un troisiĂšme. TrĂšs vite, dans la nuit noire et sans lune, j’avais perdu le sens de l’orientation. Je me contentais de suivre la voiture qui ouvrait la route devant moi. Quelques minutes plus tard nous avons traversĂ© un portail qui ouvrait sur une cour entourĂ©e de plusieurs bĂątiments. C’était un corps de ferme avec plusieurs dĂ©pendances. Les voitures se sont garĂ©es les unes Ă  cĂŽtĂ© des autres devant un bĂątiment qui devait ĂȘtre une grange. Les occupants ouvrirent les coffres des voitures et commencĂšrent Ă  s’équiper : botte, cartouchiĂšres, fusil. Certains portaient des vestes de chasse Ă  gibeciĂšre et tous des chapeaux ou des casquettes. Mon hĂŽte nous rĂ©unit et il nous invita Ă  venir boire un cafĂ© dans la ferme. En se dirigeant vers le bĂątiment d’habitation qui Ă©tait Ă©clairĂ©e il m’expliqua qu’un couple d’agriculteur vivait lĂ  et moyennant salaire, gardait et entretenait leur domaine de chasse. Nous sommes entrĂ©s dans la piĂšce principale qui servait de cuisine et de salle Ă  manger. Sur la grande table de bois sombre Ă©taient alignĂ©s des tasses, des bols et des verres ainsi que deux grandes cafetiĂšres. Il y avait aussi du pain de campagne, du fromage et du saucisson. Je voyais bien que certains auraient bien aimĂ© entamer le casse-croute mais notre hĂŽte bouscula le groupe.  Ceux qui le souhaitaient pouvaient prendre une tasse de cafĂ© rapidement car le temps pressait. Nous devions nous positionner pour la passe aux canards avant que le jour se lĂšve. AprĂšs s’ĂȘtre abreuver tout le monde sorti se rĂ©unir dans la cour autour de notre hĂŽte qui m’expliqua la marche Ă  suivre. Nous devions nous rĂ©partir tout au long de la digue qui sĂ©parait l’étang amont de l’étang aval. Tous avaient des lampes de poche mais moi je n’avais mĂȘme pas pensĂ© Ă  en prendre une. Mon hĂŽte me prit le bras et m’entraina Ă  sa suite.

    • « Ă‰coute on va se tutoyer. Appelle moi Etienne et je t’appellerais Jo. Ici tout le monde se tutoie, on est tous amis et c’est plus facile Â». 
    • « OK Etienne je te suis Â».

    Le groupe avançait sur un chemin qui s’enfonçait entre les arbres Ă©clairĂ©s seulement par les lampes de poche. Au bout d’un moment la forĂȘt disparue subitement pour laisser la place, de part et d’autre du chemin, Ă  des Ă©tendues d’eau qui luisaient faiblement dans l’obscuritĂ© de la nuit. Je compris que nous Ă©tions sur la digue qui sĂ©parait les deux Ă©tangs. Je m’aperçu que le groupe avait diminuĂ© ? Certains s’étaient donc dĂ©jĂ  positionnĂ©s derriĂšre nous. Enfin au bout d’un moment il s’arrĂȘta et il me dit.

    • « Tu vas te placer lĂ . On est au milieu de la digue Â». 

    En agitant un bras il dit encore :

    • « les canards vont arriver par lĂ  et vont se diriger par-lĂ  Â»

    Avec son bras il m’avait indiquĂ© l’étang de droite et ensuite avec un grand geste circulaire l’étang de gauche.

    • « C’est OK ? Il ne te manque rien ? Alors on te laisse. Nous on va se positionner un peu plus loin. Â»

    Etienne s’éloigna avec ses deux amis. C’est alors que je compris que j’étais, sinon, l’invitĂ© d’honneur, du moins l’invitĂ© principal de cette partie de chasse.

    Je me retrouvais donc seul dans la nuit entre les deux plans d’eau. L’obscuritĂ© Ă©tait si dense que je distinguais Ă  peine mes pieds. J’avais introduit deux cartouches dans mon fusil et refermĂ© la culasse. J’étais prĂȘt Ă  tirer. J’espĂ©rais que c’était le bon grammage de plombs car je ne voyais rien sans lampe de poche. Le temps s’écoulait lentement. Heureusement je m’étais bien habillĂ© avec une bonne parka qui me tenait bien au chaud. Rester immobile au bord de l‘eau on ressentait trĂšs vite le froid sur les jambes et l’humiditĂ© sur le visage. Mes yeux s’étaient habituĂ©s Ă  l’obscuritĂ© et en observant le ciel vers ce qui devait ĂȘtre le bout de l’étang on distinguait une nuance lĂ©gĂšrement plus claire. L’aube ne devrait plus tarder. 

    Le temps s’étirait lentement et une lĂ©gĂšre brume flottait au-dessus de l’eau. Soudain un premier tir rĂ©sonna sur ma droite suivie par un second sur ma gauche. Les canards arrivaient, sans doute, et la passe avait commencĂ©. Je n’avais encore rien vu. Je scrutais le ciel, qui s’éclaircissait de plus en plus, avec une extrĂȘme attention quand je vis sur l’horizon deux petits points noirs qui s’agitait et qui venaient droit sur moi. 

    • « Ces canards-lĂ  sont pour moi mais garde ton sang-froid si tu veux faire un carton » me dis-je.

    Je savais qu’il ne faut pas tirer sur un canard par devant car les plombs pouvaient rebondir sur son plumage. Le mieux Ă©tait de tirer quand le canard Ă©tait Ă  la verticale ou encore mieux tirer sur lui par derriĂšre ainsi les plombs se glisseraient sous les plumes. Et lĂ , si le coup Ă©tait bien ajustĂ©,  »couic » le canard, il ne resterait plus qu’à le ramasser.

    J’avais Ă©paulĂ© mon fusil, un beau Fabarm Ă  canons superposĂ©s de calibre 12 et je me mis Ă  respirer lentement et profondĂ©ment. Je devais contrĂŽler ma respiration pour ne pas perturber mon tir. La mire de mon fusil pointĂ©e sur les oiseaux qui approchaient je me disais : « attend, 
 attend, 
 pas de prĂ©cipitation, attend encore laisse venir ». Les deux canards qui volaient de concert cote Ă  cote passĂšrent Ă  ma verticale. J’avais bloquĂ© ma respiration et  »boum boum » je lĂąchais mes deux coups de fusil. Les deux bestioles Ă©taient touchĂ©es, leur vol parti en vrille et dans un piquĂ© arrondi elles, ‘’plouf, plouf’’, tombĂšrent dans l’étang derriĂšre moi. A part quelques scintillements, l’étang Ă©tait totalement noir et je ne pouvais pas voir oĂč les oiseaux Ă©taient tombĂ©s. Un des canards ne devait pas ĂȘtre totalement mort car j’entendais du bruit de brassage d’eau. Au bout d’un moment le silence se fit Ă  nouveau. J’éjectait mes douilles, mis deux nouvelles cartouches et verrouillait la culasse de mon fusil. Je repris mon poste et me mis, Ă  nouveau, aux aguets. Le ciel commençait vraiment Ă  s’éclaircir, le soleil ne tarderait pas Ă  se lever.

    ‘’Le coup du Roi’’ me dis-je en me souvenant de ma lecture de ‘’La gloire de mon pĂšre’’ de Marcel Pagnol. Le petit Marcel avait accompagnĂ© son pĂšre Ă  la chasse. Ce pĂšre, instituteur Ă  la ville, Ă©tait totalement Ă©tranger Ă  la pratique de la chasse Ă  la campagne. Mais Il voulait ĂȘtre intĂ©grĂ© Ă  la communautĂ© du petit village provençal oĂč il avait sa maisonnette. Alors il avait dĂ©cidĂ© de devenir chasseur. Et malgrĂ© sa profonde inexpĂ©rience, le premier jour de chasse de sa vie, la chance lui sourit. Deux belles bartavelles (perdrix royales) vinrent se suicider sur la charge de plomb de son fusil. Alors avec une immense fiertĂ© et un peu d’arrogance aussi, il traversa le village avec ses deux piĂšces de gibier accrochĂ©es Ă  sa ceinture bien visible. Sur la place du village les vieux, assis sur les bancs Ă  prendre le soleil, virent Ă©bahis ce citadin et son fils, le petit Marcel, dĂ©filĂ©s aux pas cadencĂ©s et la tĂȘte haute regardant le ciel. Fier comme Artaban.

    Le soleil n’allait pas tarder Ă  surgir au-dessus des arbres. L’espace s’était Ă©claircie et maintenant on distinguait bien le contour des Ă©tangs. Çà avait beaucoup tirĂ© Ă  droite et Ă  gauche. Au bout d’un moment Etienne arriva vers moi sur la digue.

    • « Je t’ai entendu tirer et tu as fait mouche car j’ai entendu les canards tomber dans l’eau. Â»
    • « Oui, ils doivent ĂȘtre lĂ  quelque part dans les roseaux Â» dis-je en dĂ©signant la zone avec la main.
    • « Bon on va envoyer les chiens Â»

    A son ordre deux setters noir et blanc sautĂšrent allĂšgrement dans l’eau et s’enfoncĂšrent en nageant dans les roseaux. AprĂšs avoir barbotĂ© quelques minutes ils revinrent tous les deux vers la digue en tenant dans leur gueule un bestiau qu’ils vinrent dĂ©poser aux pieds de leur maĂźtre. 

    Etienne se tournant vers moi dit d’un ton affirmatif :

    • « Tu sais que c’est interdit Â»
    • « Oui ?» rĂ©pondis-je me demandant oĂč il voulait en venir.
    • « Dans les Dombes on ne chasse pas les mouettes ».
    • « Tu n’as pas reconnu le vol caractĂ©ristique du canard. Le cou allongĂ© vers l’avant et les ailes Ă  l’arriĂšre ».

    Alors il tend son cou en avant et mime avec ses bras le battement des ailes d’un oiseau.

    Je regarde les bestioles à ses pieds et effectivement je constate avec effarement que ce ne sont pas des canards. Ce sont d’autres oiseaux et probablement des mouettes comme il a dit.

    Alors lĂ  je me sens un peu con et je balbutie une piĂštre rĂ©ponse :

    • « Je me suis surtout concentrĂ© sur la prĂ©cision de mon tir et je n’ai pas fait attention aux oiseaux. J’ai cru que c’étaient des canards Â».
    • « En tout cas bravo pour le tir. Deux coups superposĂ©s et deux mouettes en bas. Tu es un bon fusil, une fine gĂąchette » me dit-il.

    Au ton de sa voix je distinguais une lĂ©gĂšre ironie et je me suis dit en moi-mĂȘme : 

    • « Mon gars tu n’as pas fini d’en entendre parler Â».

    On s’était regroupĂ©. Tous avaient abattu plusieurs canards. Les gibeciĂšres Ă©taient pleines. On s’est alors dirigĂ© vers la ferme. Le gibier abattu a Ă©tĂ© alignĂ© devant la maison. Le tableau de chasse Ă©tait assez impressionnant. Une douzaine de canards au moins plus mes deux mouettes. Je n’étais pas la seule ‘’fine gĂąchette’’ du groupe. Dans la ferme un casse-croute pantagruĂ©lique nous attendait. On s’est tous rĂ©partis autour de la grande table en bois et sans attendre mes compagnons se sont jetĂ©s sur les victuailles : jambons, saucissons, pĂątĂ©s, omelette, Ɠufs durs et divers fromages, Saint-Marcellin, tomes, bleu de Bresse, des pains de campagne et plusieurs bouteilles de vin rouge des CĂŽtes du RhĂŽne et quelques bouteilles de Macon blanc. Il y avait de quoi nourrir un rĂ©giment. AprĂšs les premiĂšres bouchĂ©es et un ou deux verres de rouge ou de blanc les conversations avaient repris avec entrain. Et ce qui devait arriver arriva. Etienne se tourna vers moi et dit :

    • « Tuer deux mouettes en deux coups de fusil successifs ce n’est pas si facile. Le vol des mouettes est bien plus erratique que celui des canards qui est assez linĂ©aire. Bravo. »

    LĂ , ce n’était plus de l’ironie mais carrĂ©ment de la moquerie. Un large sourire s’étalait sur toutes les faces des participants illuminĂ©es par les verres de CĂŽtes du RhĂŽne ou de Macon blanc.

    Je feignais l’indiffĂ©rence et je crus bon de faire la remarque suivante :

    • « Mais quand les mouettes veulent se mĂȘler aux vols des canards c’est le suicide assurĂ© Â»

    Mon trait d’esprit n’a pas semblĂ© marquer le point que j’espĂ©rais car Etienne rĂ©pondit en levant le doigt :

    • « Entre la mouette et le canard il faut savoir choisir Â».

    Je laissais courir et je portais Ă  ma bouche un verre de vin que j’ai bu lentement pour ne pas rĂ©pondre. AprĂšs une heure il n’y avait plus de victuaille sur la table. Il ne restait plus que les cadavres de bouteilles vides. AprĂšs cette bombance on est sorti devant la ferme et comme le veux la tradition on allait partager Ă©quitablement le produit de la chasse. Etienne se chargea du partage. Chacun de nous reçu un canard. Les trois canards qui restaient seraient remis Ă  la femme du gardien pour ĂȘtre transformĂ© en pĂątĂ©. Ce qu’elle savait, parait-il, excellement faire. Restaient mes deux mouettes. Alors Etienne se tourna alors vers moi et dit toujours avec un large sourire :

    • « Je crois que ces deux trophĂ©es te reviennent cher ami. Mais si tu ne les veux pas le gardien s’en chargera. »

    Je restais de marbre devant cette ultime mise en boite et je rĂ©pondis :

    • « Faites donc ‘’cher ami’’. Â»

    En montant dans ma voiture pour partir je pensais que ma ridicule performance allait alimenter les bonnes histoires qu’ils se raconteront lors de leurs futures parties de chasse et cela pendant des annĂ©es peut-ĂȘtre. 

    Je ne serais pas lĂ  pour les entendre mais je sais que cette histoire me poursuivra encore longtemps.

    « De la mouette oĂč du canard il faut choisir ! Â»

    Victor Mac   Les Dombes Octobre 1984

  • Boucher ou boulanger il faut choisir

    novembre 29th, 2023

    Eh oui la guerre continue. Poutine est toujours en train de dĂ©truire ce pays et de massacrer sa population. Il veut absolument supprimer l’Ukraine et en faire une province russe quel que soit le prix Ă  payer. 

    Poutine veut Ă  tout prix une victoire russe pour lancer sa candidature Ă  la prochaine Ă©lection prĂ©sidentielle en 2024. On se demande bien pourquoi faire des Ă©lections alors qu’on connait dĂ©jĂ  le rĂ©sultat. Mais vous connaissez les dictateurs ils ont toujours besoin d’un semblant de lĂ©galitĂ©. 

    Alors l’armĂ©e russe a mis le paquet, comme on dit. Record battu pour la bataille d’Avdiivka –> 971 soldats russes meurent chaque jour. On a les records olympiques qu’on peut. La vie d’un soldat ne compte pas pour Poutine et son Ă©tat-major. Il parait que les stocks sont inĂ©puisables dans les diffĂ©rentes rĂ©publiques de la FĂ©dĂ©ration aux confins de la sainte Russie. Du moment qu’on ne touche pas Ă  la jeunesse ‘’dorĂ©e’’ de Moscou et de Saint PĂ©tersbourg tout ‘’roule’’. La rĂ©colte de chair Ă  canon sera abondante. 

    A propos de rĂ©coltes, quid des prochaines rĂ©coltes de blĂ© Ukrainien ? Auront-elles lieu ? Seront-elles suffisantes ? Rien n’est moins sĂ»r. La famine ou, du moins, la sous-alimentation menacera encore beaucoup de pays africains.
    Ce qui est sĂ»r et cela se confirme :  

    Poutine est un boucher, il ne sera jamais un boulanger.

    Victor Mac mercredi 29 novembre 2023

  • Dialogue de sourds (2) (Annie Ernaux)

    novembre 24th, 2023

    Annie Ernaux Prix NOBEL de Littérature 2022

    Bonjour Annie,

    Merci pour votre réponse.

    Un moment j’ai pensĂ© que vous ne rĂ©pondriez pas Ă  ma lettre car, aprĂšs coup, je m’étais dit ‘’ta dĂ©marche est, peut-ĂȘtre, un peu cavaliĂšre’’. C’est vrai je ne connaissais pas la procĂ©dure Ă  suivre pour contacter un(e) Ă©crivain(e). Cependant, connaissant votre adresse, je ne l’aurais pas suivi.  

    Maintenant pourquoi vous ai-je Ă©crit ? 

    C’est bien la premiĂšre fois de ma vie de lecteur que j’écris une lettre Ă  l’auteur(e) d’un livre que je suis en train de lire.

    Comme je vous l’ai dĂ©jĂ  dit, tout avait commencĂ© comme un jeu de piste. Lorsque lors de mes dĂ©ambulations je tombe sur votre boite aux lettres le jeu aurait dĂ» ĂȘtre ‘’game over’’. 

    J’avais dĂ©jĂ  lu quelques-uns de vos ouvrages et je lisais « La femme gelĂ©e Â». C’est en lisant le vĂ©cu de votre enfance et de votre jeunesse que j’ai commencĂ© Ă  ressentir des sensations que je ne comprenais pas. En tout cas au dĂ©but. Ce sentiment petit Ă  petit s’est amplifiĂ©. C’était comme suçoter un bonbon Ă  la menthe. Au dĂ©but l’arome de la menthe enveloppe votre langue et puis peu Ă  peu envahi toute votre bouche. Il y avait un tas d’images qui surgissaient du passĂ© et qui venaient encombrer mon esprit. Que se passe-t-il donc ? J’ai lu pas mal d’histoires qui racontaient mon Ă©poque mais jamais avec ce sentiment ou ces sensations. Alors oĂč est le mystĂšre ?  Eh bien il n’y en a pas. 

    Je crois avoir compris le pourquoi du comment. Du moins en partie et c’est pourquoi je ne voudrais pas aller trop vite dans mes explications. Nous vivons dans un monde chronomĂ©trĂ© oĂč la vitesse d’exĂ©cution est une composante trĂšs importante. Trop peut-ĂȘtre et c’est comme ça que l’on sort de la piste. Donc, dans ces Ă©changes Ă©pistolaires, je ne suivrai pas la devise olympique « plus vite, plus haut, plus fort Â». Je prĂ©fĂšrerais suivre plutĂŽt un concept ‘’slow food’’ : « Seulement avec une pensĂ©e lente et profonde, on peut espĂ©rer trouver un sens Â»

    Qui a dit ça ? je ne sais plus.

    Je pense connaĂźtre un peu la femme publique que vous ĂȘtes devenu mais vous, vous ne me connaissez pas du tout. Du moins pas encore. Alors plantons un cadre comme on dit. 

    Nous avons un parcours parallĂšle

    Vous avez pris un peu d’avance en commençant en 1940, et vous avez voulu prendre des risques en naissant en Normandie. 

    Moi, j’ai prĂ©fĂ©rĂ© attendre la fin de la guerre et j’ai commencĂ© en 1947 en Italie. Il y a une part d’immigrĂ© chez moi.

    Nous avons, plus que probablement, un parcours et des vĂ©cus similaires :

    – milieu modeste, provincial et populaire,

    – enseignement dans des institutions privĂ©es catholiques, Ă©tudes supĂ©rieures, croyance que l’école et le savoir permet de s’élever, de sortir de sa classe et de son milieu sans le renier,

    – poids du milieu familial et de la mĂšre en particulier dans notre Ă©dification personnelle, 

    – l’engagement dans le travail pour atteindre une certaine rĂ©ussite, professionnelle, familiale et personnelle, 
.

    Pour finir, nous avons atteint le niveau de vie d’une certaine ‘’bourgeoisie’’, bien que nous n’ayons pas les codes au dĂ©part. Sinon la richesse du moins une certaine aisance.

    Vu comme ça on pourrait dire ‘’tout ça c’est bonnard’’. Oui peut-ĂȘtre ? En apparence du moins. Souvent la rĂ©alitĂ© ‘’vraie’’ est lĂ©gĂšrement diffĂ©rente. Quant est-il des plaies et des bosses qui jalonnent gĂ©nĂ©ralement toute une vie ? La peur, l’angoisse, la souffrance, le manque, la dĂ©ception, l’illusion et j’en passe. On n’est jamais seul sur notre trajectoire. En voiture sur la route on dit souvent « attention le danger ce sont les autres Â». Eh bien, je crois que dans la vie c’est un peu pareil Ă  la diffĂ©rence que si les autres peuvent ĂȘtre un ‘’danger’’ ils peuvent ĂȘtre aussi du ‘’bon’’. Et comme on se construit, bien Ă©videmment, par rapport aux autres. Alors ?

    Peut-ĂȘtre des trajectoires parallĂšles mais dans des univers trĂšs diffĂ©rents : 

    Annie Ernaux dans l’enseignement, la littĂ©rature, les mĂ©dias, le professorat, l’écriture, le partage 
. avec cette relation trĂšs intime de l’écrivain avec ses lecteurs.  

    Vital dans le business, le commerce et l’industrie, la fabrication et la distribution, la gestion et la direction 
. mais aussi quelque chose d’autre tournĂ© principalement vers les autres.

    Finalement, il n’y a rien de vraiment commun dans tout ça. 

    Maintenant ne dĂ©sespĂ©rons pas il y a encore beaucoup de choses : l’épouse, le mari, les enfants, les parents, les amants(es), la maison, le supermarchĂ©, l’école, le mĂ©decin, la voiture, le voyage, les vacances, le cinĂ©ma, 
 et tout le reste.

    A part la guerre que vous avez, je pense, ressentie et pas moi, nous avons vĂ©cu les mĂȘmes Ă©poques, les mĂȘmes Ă©vĂšnements, les mĂȘmes musiques, 


    De mon point de vue, il semblerait, que jusqu’à maintenant, nous ayons eu de la chance. 

    Nous avions commencĂ© dans le monde d’avant, celui de nos grands-parents et de nos parents, un monde qui semblait immuable sinon figĂ© oĂč le mot d’ordre Ă©tait construire, Ă©difier et aussi survivre. Ensuite est venu notre monde Ă  nous, un monde en perpĂ©tuelle Ă©volution avec un progrĂšs scientifique et technique fantastique et avec une innovation permanente. Un seul mot d’ordre consommer. Un monde matĂ©rialiste et futile qui nous rendu souvent obĂšse et bouffi. Mais ce que nous voulions surtout c’était  respirer le grand air de la libertĂ©.

    Bon lĂ , je commence, sinon Ă  m’égarer du moins Ă  m’éparpiller.  

    STOP. ArrĂȘt sur image.

    Je me disais « oĂč veux-tu en venir avec Annie Ernaux ? Â» Je prends alors mon temps pour rĂ©flĂ©chir Ă  la suite de ma lettre. Je me fais un cafĂ© et, en attendant qu’il refroidisse un peu, je vais sur internet pour voir votre fiche WikipĂ©dia.  Je n’avais mĂȘme pas pensĂ© Ă  aller sur le net pour dĂ©couvrir ce qu’on dit de vous avant de vous Ă©crire. Bizarre non ??? Et c’est lĂ  que je suis tombĂ© de ma chaise. J’aurais dĂ» y penser bien entendu. On n’est pas ‘’nobelisĂ©e’’ par hasard.

    Et que vois-je ? Annie Ernaux est un monument, et je dirais mĂȘme mieux, une ‘’cathĂ©drale’’. Non seulement dans la littĂ©rature mais aussi dans tous les domaines de la vie :  sociale, sociĂ©tale, politique, locale, nationale et international.  J’avais bien senti, Ă  travers les quelques livres que j’avais lus, que vous Ă©tiez, non seulement une littĂ©raire, mais aussi une rebelle, une militante engagĂ©e, une insoumise et bien d’autres choses encore. Mais je ne m’attendais pas Ă  ce foisonnement, Ă  ce feu d’artifice. Je dĂ©couvre donc votre site internet. TrĂšs bien le site. StructurĂ©, documentĂ©, illustrĂ© avec tous les renvois importants et nĂ©cessaires. Et je me dis « lĂ  il y a tout Annie Ernaux Â»  

    J’étais dĂ©stabilisĂ© et un peu en colĂšre contre moi. Je me disais « pourquoi as-tu contacter Annie Ernaux alors que probablement toutes les rĂ©ponses Ă  tes questions sont sur le net ?»

    J’ai alors dĂ©cidĂ© de faire une pose de quelques jours pour mettre un peu d’ordre dans mes idĂ©es. En avais-je encore ? J’ai donc arrĂȘtĂ© la rĂ©daction de cette lettre que j’ai failli mettre Ă  la poubelle car je la jugeais n’ĂȘtre plus de circonstance. Entre temps qu’ai-je fais ? Rassurez-vous je ne vous ai pas oubliĂ©e. A la suite de votre lettre j’avais dĂ©cidĂ© de recommencer Ă  lire ‘’La femme gelĂ©e’’ depuis le dĂ©but, avec plus d’attention et avec un crayon pour souligner et/ou annoter certains mots ou passages. Je suis allĂ© au Grand Cercle acheter ‘’Les annĂ©es’’ que vous m’aviez conseillĂ©. J’en ai profitĂ© pour acheter quelques autres de vos ouvrages : ‘’L’autre fille (Ă©dition avec des photos), L’occupation, Je ne suis pas sortie de ma nuit, Se perdre’’. Vous allez m’accompagner pendant quelques mois, et probablement plus, d’autant que je lirai en mĂȘme temps (ce n’est pas du Macron) d’autres livres qui sont programmĂ©s. Je n’ai pas fini de lire ‘’La femme gelĂ©e’’ que j’ai dĂ©jĂ  commencĂ© ‘’Les annĂ©es’’. Eh oui, je n’ai plus de temps Ă  perdre.

     

    Enfin, je suis allĂ© me promener sur votre site internet. C’est un immense jardin bien ordonnĂ© et entretenu. Up to date comme on dit. Votre prochaine confĂ©rence en octobre 2024 Ă  Edinburgh & St Andrews est dĂ©jĂ  bien documentĂ©e. (Au fait, pourquoi ni serais-je pas ? J’adore l’Ecosse et Edinburgh, 
)

    Un jardin Ă  la française avec des perspectives, des allĂ©es, des droites, des courbes et le tout organisĂ©es Ă  partir d’un axe central. C’est axe central c’est vous Annie Ernaux. Maintenant entrer dans cet Ă©den pour en rĂ©colter tous les fruits c’est mille ans d’une vie. Et je ne parle mĂȘme pas du fruit dĂ©fendu qui est certainement lĂ  quelque part. Alors j’ai dĂ©cidĂ© d’aller Ă  la pĂȘche, comme on dit, pour essayer de saisir ce qui me paraĂźtrait essentiel. 

    Vous connaissez certainement la mĂ©thode de lecture rapide qu’on vous apprend dans les grandes Ă©coles. Il faut ĂȘtre rapide, productif, 

 toujours la montre, la vitesse pour ĂȘtre profitable. Bref, on lit en diagonale (du fou) un texte en essayant de dĂ©tecter les mots qui font sens pour comprendre ‘’globalement’’ l’essentiel. Concept que j’ai toujours trouvĂ© dĂ©bile, mais bon. Si un texte vous accroche, on peut toujours le lire ‘’tranquillement’’. Ce que j’ai fait notamment pour plusieurs de vos textes.

    Comme je vous l’ai dĂ©jĂ  dit vous ĂȘtes l’axe central de ce site. On ne peut pas faire plus nu que le simple trait d’un axe. Ceux qui s’expriment Ă  votre sujet, vous ont certainement lue, du moins je l’espĂšre. Vous avez Ă©tĂ© dĂ©shabillĂ©e (dĂ©carpillĂ©e – Les annĂ©es), auscultĂ©e, analysĂ©e, sondĂ©e, dĂ©cortiquĂ©e, scannĂ©e, microscopĂ©e, vivisectionnĂ©e, testĂ©e, scalpĂ©e, critiquĂ©e, insultĂ©e, dĂ©testĂ©e, respectĂ©e, encensĂ©e, adorĂ©e, 
 et j’en passe. Cependant ce sont des avis et des commentaires de ‘’spĂ©cialistes’’. C’est bien d’ĂȘtre reconnu par le sĂ©rail mais c’est de l’entre-soi. Je n’ai pas vu beaucoup de dĂ©clarations de pĂ©quenots. 

     Mais, peu importe, ce qui est le plus important ce sont vos lecteurs et non vos commentateurs.

    Bien sĂ»r vous n’avez pas eu peur de faire de votre vie ‘’l’axe central’’ de vos Ă©critures. Seriez-vous, au fond de vous-mĂȘme, un peu exhibitionniste ? Dans le sens que, une fois exposĂ©e, cela vous donne le courage d’aller au bout de vos sentiments, de vos envies, de vos angoisses, 


    Ce n’est qu’une fois qu’on a osĂ© sauter dans l’eau, mĂȘme froide, qu’on a le plaisir de barboter.

    Je voudrais terminer cette lettre, que je trouve bien longue, sur le mot ‘’plaisir’’.

    Tant qu’il y a du plaisir Ă  vous lire ça roule !!

    Bonne journée.

    Vital  B. Courdimanche le 15/12/2023

  • L’aventure c’est l’aventure !

    novembre 16th, 2023

    J’étais en train de payer mes achats Ă  la caisse du supermarchĂ© quand la personne qui venait juste aprĂšs moi m’interpelle :

    « Comment allez-vous ? Â» 

    Par politesse et automatisme je répond sans regarder :

    «  TrĂšs bien, du moins je l’espĂšre Â» 

    Je me retourne vers la personne qui m’avait interpellĂ©. C’était un monsieur d’environ 70 ans accompagnĂ© de sa femme.

    Et ce monsieur continu :

    «  Vous ĂȘtes bien Johnny ? Â»

    Et il enchaĂźne :

    « On vous croyait mort Â» 

    Je veux bien avoir un air de ressemblance avec Johnny Halliday surtout avec ma moustache et barbichette. 

    Que l’on me prenne pour Johnny cela arrive de temps en temps. Et mĂȘme, l’autre jour, on me dit que j’avais la mĂȘme voix que Johnny. Alors ?

    Mais que l’on me  »croyait mort’’ celle-lĂ  on ne me l’avait jamais faite. 

    Le monsieur avait l’air disons ‘’sĂ©rieux’’. Il ne semblait pas plaisanter. Et sa femme juste derriĂšre lui non plus.

    Alors du tac au tac je réponds :

    «  Eh bien oui ! J’ai Ă©tĂ© obligĂ© de revenir parce que je sors un disque, dans les prochains jours, avec une nouvelle chanson.

    Et comme vous savez, si je suis pas lĂ  il y aura des problĂšmes Â» 

    Le coup du disque avec une nouvelle chanson de Johnny est vrai. J’avais entendu la nouvelle à la radio la veille.

    Le monsieur répond,

    « Ah bon alors. Vous avez Ă©tĂ© obligĂ© ? » 

    Il avait l’air Ă©tonnĂ© sans plus. Mais il semblait accorder beaucoup d’attention et de sĂ©rieux Ă  ma rĂ©ponse. Et sa femme aussi.

    Est-ce un plaisantin ou bien crois-t’il vraiment aux ‘’revenants’’.

    Je dĂ©cidais alors de lui dire la triste mais ‘’vraie’’ vĂ©ritĂ©.

    «  Mais non, rassurez-vous, je ne suis pas Johnny. Johnny est toujours enterré sur son ile de Saint-Martin. Ceci dit je suis un vrai fan de Johnny. Un vrai de vrai. »

    Et le monsieur me répond :

    «  Ah bon alors. On est bien rassuré  (et il se tourne vers sa femme)  Mais nous aussi on aime beaucoup Johnny. On a cru, un moment, que vous étiez revenu. » 

    Revenant ou pas. Croyant ou pas. Johnny sera pour toujours ‘’l’aventure’’.

    Victor Maculan le 16 novembre 2023

  • Un marocain en route vers le Canada

    novembre 14th, 2023

    Un marocain raconte sa petite aventure


    J’étais en voiture, sur le chemin du retour depuis New York pour MontrĂ©al, oĂč j’habite depuis maintenant plus de 20 ans.
    Au poste frontiÚre, je remettais mon passeport à la préposée de la douane, et lorsque elle lut :  « Lieu de naissance : MAROC », elle me demanda :
    – Comment va le Maroc ?
    – Ça peut aller, lui rĂ©pondis-je. Tout ce que l’on souhaite, c’est que ça continue Ă  aller autant bien que mal

    – Depuis combien de temps vivez-vous au Canada?
    – Je viens de boucler ma 20Ăšme annĂ©e.
    – A quand remonte votre derniĂšre visite au Maroc ?
    – C’était il y a deux ans.
    Elle me fixa en souriant et me dit:
    – Lequel des deux aimez-vous le plus, le Maroc ou le Canada ?
    – La diffĂ©rence que je fais entre le Maroc et le Canada, est exactement celle que je fais entre ma mĂšre et mon Ă©pouse. Mon Ă©pouse, je l’ai choisie, je suis tombĂ© sous son charme, je l’aime, j’en suis amoureux, mais elle ne peut en aucun cas me faire oublier ma mĂšre. Je n’ai pas choisi ma mĂšre, mais je sais que je lui appartiens. Je ne me sens bien que dans ses bras; je ne pleure que sur son Ă©paule.
    Elle referma mon passeport, me fixa avec étonnement, puis me dit : 
    – On entend souvent dire que la vie est trĂšs difficile au Maroc. Comment pouvez-vous aimer autant ce pays ?
    – Vous voulez dire « ma mĂšre » ?
    Elle sourit et dit : supposons-le.
    – Ma mĂšre est peut-ĂȘtre pauvre; elle n’a pas de quoi me payer mes soins, encore moins les honoraires du mĂ©decin, mais la tendresse de son giron quand elle m’étreint, et la chaleur de son cƓur lorsque je suis dans ses bras, suffisent Ă  me guĂ©rir.
    – DĂ©crivez-moi le Maroc?
    – Elle n’a pas la beautĂ© blonde, mais la vue de son visage m’apaise.
    – Elle n’a pas les yeux bleus, mais sa vue me met en sĂ©curitĂ©. Ses vĂȘtements sont simples, mais elle porte dans ses plis bontĂ© et misĂ©ricorde
 Elle ne se pare pas d’or et d’argent, mais elle porte Ă  son cou un collier d’épis de blĂ©, dont elle nourrit tout affamĂ©. Les brigands l’ont spoliĂ© bien souvent, mais elle continue de sourire.
    Elle me remit mon passeport et dit :
    – Je connais le Maroc Ă  travers les Ă©crans de la tĂ©lĂ©, mais je n’y trouve rien de ce que vous m’avez dĂ©crit.
    – Vous avez vu le Maroc des cartes gĂ©ographiques. Quant Ă  moi, je parle du Maroc enfoui dans mon coeur et mes entrailles.
    – Je souhaite que votre fidĂ©litĂ© pour le Canada Ă©gale celle que vous ressentez pour le Maroc 
 Je veux dire votre fidĂ©litĂ© Ă  l’épouse autant qu’à la mĂšre.
    – Entre le Canada et moi, existe un contrat auquel je dois fidĂ©litĂ©, et je ne suis pas de ceux qui ne respectent pas leur contrat. Et je souhaiterais que vous sachiez que cette fidĂ©litĂ©, c’est ma mĂšre qui me l’a enseignĂ©e…

    Victor Maculan, un jour au Maroc et un jour au Canada

  • La ballade de CHARLIE,

    novembre 14th, 2023

    Ils ont voulu casser mes crayons :

    Ah ! Les cons

    Ils ont voulu casser nos crayons.

    Les cons sacrés. Les sacrés cons.

    Ils ont cassé quelques mines

    Mais pas les crayons! Mais pas nos crayons!

    Ah! Ah! Ils ont bonne mine

    Les cons sacrés. Les sacrés cons.

    Ils ignorent qu’avec une bonne vigne

    Il faut tailler et nous taillerons

    Ah! Ah! Ils ont bonne mine

    Les cons sacrés. Les sacrés cons

    Car nous boirons le vin de la vigne

    A la santé de nos crayons.

    Ah! Ah! Ils ont bonne mine

    Les cons sacrés. Les sacrés cons.

    Comme de la vigne est le bon vin

    De nos crayons est le beau dessin

    Ah! Ah! Ils ont bonne mine

    Les cons sacrés. Les sacrés cons.

    Vive la vigne et le bon vin ! 

    Vive Charlie et le beau dessin !

    Victor Mac 10 janvier 2015

  • Noir c’est noir,

    novembre 14th, 2023

    Noir c’est noir

    c’était un soir

    dans un bar 

    il faisait noir

    lunettes noires

    c’était un soir

    dans un bar

    il fallait voir

    costume noir

    c’était un soir

    dans un bar

    c’était la foire

    cravate noire

    c’était un soir

    dans un bar                        

    on allait boire

    chapeau noir

    c’était un soir

    dans un bar

    il fallait croire

    on Ă©tait …. noir

    Victor Maculan dans un bar de Saint Bonnet de Mure le 24 octobre 1997 

    (comme un hommage aux Blues Brothers)                                             

  • Avez-vous un avis sur Dorian Gray?

    novembre 14th, 2023

    Dorian Gray ou la beauté donnée par le Diable.

    L’illusion de l’éternelle jeunesse va dĂ©truire l’ñme de ce jeune homme.

    C’est une histoire de mensonges, de trahisons, de meurtres et d’amour.

    De la haute bourgeoisie au bas-fond de Londres (drogues, prostitutions, 
) 

    La qualitĂ© du style d’Oscar Wilde vous sĂ©duira tout au long de votre lecture de cette captivante histoire toujours trĂšs actuelle aujourd’hui.

    Victor Maculan le 19 décembre 2019

  • Monologue de Dorian Gray

    novembre 14th, 2023

    Pourquoi ne m’a-t-on pas prĂ©venu ?

    Pourquoi ai-je vĂ©cu de fausse espĂ©rance ?

    Pourquoi ne m’a-t-on pas dit que l’éternelle jeunesse Ă©tait une illusion ?

    J’ai Ă©changĂ© des annĂ©es de vieillesse et de sagesse contre des annĂ©es de jeunesse et de paresse.

    Oui le miroir me mentait.

    Oui le tableau me devinait

    Car pendant ce temps mon Ăąme suivait son sournois chemin.

    Sans que je le sache le Malin continuait 

    à piller mon ùme et récoltait son butin.

    Oui je voulais que mon visage conserve sa beauté.

    Oui je voulais que cette sĂ©duisante beautĂ© suscite l’amour et l’admiration.

    Mais dans cette beauté tout était mensonge et illusion.

    Seul le tableau haĂŻt disait cette horrible vĂ©ritĂ© que je n’ai jamais pu supporter.

    Devrais-je ĂȘtre l’assassin de l’ĂȘtre figurĂ© ?

    Serais-je l’assassin de mon illusion ?

    Monologue de Dorian Gray par Lucas et Victor Mac le 12 décembre 2019

  • ArrivĂ©e d’un nommĂ© Louis-Alexandre

    novembre 13th, 2023

    Bonjour,

    Depuis quelques mois, dĂ©jĂ , j’avais dĂ©cidĂ© de rencontrer mes chers parents. 

    AprĂšs un long voyage, de plus de 284 jours, j’ai dĂ©barquĂ© auprĂšs d’eux le 

    le Mardi 8 Avril 1997 Ă  (exactement) 10H15.

    Dans un endroit, paraĂźt-il particuliĂšrement adaptĂ© Ă  une premiĂšre rencontre. Le lieu-dit :

    MATERNITE de COURBEVOIE dans les HAUTS DE SEINE.

    Maman Ă©tait tout essoufflĂ©e et des gouttes de sueur perlaient Ă  son front. 

    Elle Ă©tait en retard et elle avait dĂ» courir pour ĂȘtre prĂ©sente Ă  notre rendez-vous.

    Papa, quant à lui, semblait beaucoup plus ‘’cool’’ (???)

    Les premiĂšres choses que j’ai dĂ©couvertes dans leurs yeux sont ce que on appelle 

    la joie, l’amour et la tendresse.

    Ils me les ont dits avec des mots, beaucoup de mots, que je ne sais pas traduire encore.

    Ah ! J’oubliais. Ils m’ont fait aussi des cñlins. Beaucoup de cñlins.

    Pourvu que ça dure.

    Ils m’ont proposĂ© de venir vivre avec eux. 

    Pour me sĂ©duire ils m’offrent le gĂźte et le couvert.

    Une chambre, soi-disant, spĂ©cialement amĂ©nagĂ©e et dĂ©corĂ©e Ă  mon attention et du lait maternel ‘’extra frais’’ Ă  volontĂ©. 

    Directement du producteur (seins gauche et droit) au consommateur.

    Ils m’ont Ă©galement vantĂ© une nombreuse et chaleureuse parentĂ©.

    Un frĂšre, une sƓur, sans oublier les futurs beau-frĂšre et belle-sƓur, un grand pĂšre, deux grand-mĂšres, au moins huit oncles et tantes et pas moins d’une dizaine de cousins et cousines.

    Tous impatients de me rencontrer.

    Sans compter les nombreux amis. Et aussi les curieux.

    Ma curiositĂ© a Ă©tĂ© la plus forte et j’ai acceptĂ© leur offre ‘’à lait chante’’.

    J’ai donc pris une chambre chez mes parents.

    Aussi vous pourrez me rencontrer ou m’écrire, pour les prochaines annĂ©es, Ă  l’adresse suivante :

                                       Louis-Alexandre

                                               chez

                                       VBB

                                    15, rue Maurice Laisney

                                92600 ASNIERES SUR SEINE

    Gros bisous.

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