– « On mâa dit que vous Ă©tiez chasseur. Est-ce exact ? »
– « Eh bien disons que jâai fait de mon mieux pour devenir un bon chasseur ».
– « Vous avez tuĂ© beaucoup de gibier ? »
– « Ce nâest pas ce que je voulais dire. Dâailleurs jâai tuĂ© trĂšs trĂšs peu : un lapin, peut-ĂȘtre une poule faisane et deux âŠ. Mais ceci est une autre histoire. Disons que jâai essayĂ© dâĂȘtre un bon compagnon de chasse sans me soucier de faire un score. Le plus important pour moi Ă©tait de partager des bons moments avec les amis, les copains et les cousins. Je voulais ĂȘtre un bon camarade. »
– « Parlez-moi de cette autre histoire que vous semblez vouloir cacher ».
– « Ce nâest pas que je veuille cacher cette histoire mais elle nâest pas brillante pour mon Ă©go et encore moins pour ma rĂ©putation de chasseur. »
– « Allez, allez racontez ! »
CâĂ©tait ma deuxiĂšme saison de chasse. A cette Ă©poque je chassais avec mon beau-frĂšre et mes cousins tous passionnĂ©s de chasse. Nous chassions dans un des plus beaux territoires de chasse du dĂ©partement de la Savoie : La Motte Servolex â Le Bourget du Lac.
Un lac et des riviĂšres pour la passe aux canards, de la plaine et des champs pour le lapin, le liĂšvre, le faisan et autres gibiers Ă plume. Enfin la montagne avec des gibiers plus gros comme le chevreuil et le sanglier. A lâĂ©poque je venais un week-end sur deux voir mes parents et quand la saison de la chasse Ă©tait ouverte, le dimanche matin ââpartie de chasseââ obligatoire avec les cousins et le beau-frĂšre.
LevĂ© aux aurores, on commençait par la passe aux canards le long de la riviĂšre La Leysse qui se jetait dans le lac du Bourget. AprĂšs la passe câĂ©tait la traque aux lapins et aux faisans dans la plaine entre les deux montagnes du Revard et du mont du Chat. En fait, ce qui me plaisait le plus ce n’Ă©tait pas de tirer du gibier câĂ©tait le casse-croute de dix heures que lâon prenait dans une boulangerie-bistrot en bordure de notre terrain de chasse. Des diots grillĂ©s, de la tome de Savoie sur un bon pain de campagne le tout arrosĂ© par un petit vin blanc de Savoie de derriĂšre la montagne. Bien au chaud Ă cotĂ© de la cheminĂ©e.
A cette Ă©poque, jâhabitais la rĂ©gion lyonnaise oĂč je dirigeais une entreprise de distribution de jouets en gros situĂ©e en pĂ©riphĂ©rie de lâest lyonnais. TrĂšs proche de la fameuse rĂ©gion des Dombes dans lâAin. Cette rĂ©gion Ă©tait rĂ©putĂ©e pour ses milliers dâĂ©tangs. Un film de Patrice Leconte, ââRidiculeââ, raconte lâhistoire de cette rĂ©gion de marais et de fiĂšvres et celle dâun jeune aristocrate qui voulait convaincre le Roi Louis XVI de lâaider Ă assĂ©cher les paludes. Ce film de 1996 reçu quatre Oscars.Â
Cette région était aussi trÚs célÚbre pour ses nombreuses chasses privées appartenant à la bourgeoisie industrielle et marchande lyonnaise.
Mon entreprise de jouets Ă©tait un trĂšs gros expĂ©diteur de marchandises. Quelques milliers de tonne expĂ©diĂ©es par an sur tout la France. Nous avions donc des contrats importants avec quelques sociĂ©tĂ©s de transport. Le dirigeant dâune de ces sociĂ©tĂ©s de transport me sollicitait rĂ©guliĂšrement depuis plusieurs annĂ©es pendant la saison de la chasse. Il voulait mâinviter Ă une partie de chasse dans sa ââsuperbeââ chasse privĂ©e des Dombes.
Jâavais toujours repoussĂ© cette invitation. Je ne me considĂ©rais pas suffisamment bon chasseur pour participer Ă ce genre de ââpartieââ avec des personnes passionnĂ©es de chasse et considĂ©rĂ©es comme des ââfines gĂąchettesââ. Enfin, un jour sur la forte insistance de ce fournisseur, je finis par accepter son invitation.
Un samedi, rendez-vous Ă cinq heures du matin devant lâĂ©glise de Mionnay. Nâhabitant pas trĂšs loin je suis arrivĂ© un peu avant cinq heures. Je garais ma voiture devant lâĂ©glise et je laissais les phares allumĂ©s dans la nuit noire de lâautomne. Je nâai pas attendu trĂšs longtemps et bientĂŽt quatre ou cinq voitures sont arrivĂ©es et se sont garĂ©es devant lâĂ©glise. Les personnes sortirent des vĂ©hicules et se rapprochĂšrent dans la lumiĂšre des phares pour se saluer.
Le patron de la société de transport vßnt à ma rencontre, me serra la main et il me présenta rapidement aux autres chasseurs qui apparemment étaient tous des amis co-actionnaires de la chasse privée.
- « Vous allez me suivre avec votre voiture. Notre chasse nâest pas trĂšs loin Ă une dizaine de kilomĂštres environ ».
Nous avons roulĂ© en convoi sur la route nationale en direction de Bourg en Bresse pendant quelques kilomĂštres avant de tourner dans une route de traverse qui sâenfonçait dans la forĂȘt obscure. Un premier croisement, un deuxiĂšme, un troisiĂšme. TrĂšs vite, dans la nuit noire et sans lune, jâavais perdu le sens de lâorientation. Je me contentais de suivre la voiture qui ouvrait la route devant moi. Quelques minutes plus tard nous avons traversĂ© un portail qui ouvrait sur une cour entourĂ©e de plusieurs bĂątiments. CâĂ©tait un corps de ferme avec plusieurs dĂ©pendances. Les voitures se sont garĂ©es les unes Ă cĂŽtĂ© des autres devant un bĂątiment qui devait ĂȘtre une grange. Les occupants ouvrirent les coffres des voitures et commencĂšrent Ă sâĂ©quiper : botte, cartouchiĂšres, fusil. Certains portaient des vestes de chasse Ă gibeciĂšre et tous des chapeaux ou des casquettes. Mon hĂŽte nous rĂ©unit et il nous invita Ă venir boire un cafĂ© dans la ferme. En se dirigeant vers le bĂątiment dâhabitation qui Ă©tait Ă©clairĂ©e il mâexpliqua quâun couple dâagriculteur vivait lĂ et moyennant salaire, gardait et entretenait leur domaine de chasse. Nous sommes entrĂ©s dans la piĂšce principale qui servait de cuisine et de salle Ă manger. Sur la grande table de bois sombre Ă©taient alignĂ©s des tasses, des bols et des verres ainsi que deux grandes cafetiĂšres. Il y avait aussi du pain de campagne, du fromage et du saucisson. Je voyais bien que certains auraient bien aimĂ© entamer le casse-croute mais notre hĂŽte bouscula le groupe. Ceux qui le souhaitaient pouvaient prendre une tasse de cafĂ© rapidement car le temps pressait. Nous devions nous positionner pour la passe aux canards avant que le jour se lĂšve. AprĂšs sâĂȘtre abreuver tout le monde sorti se rĂ©unir dans la cour autour de notre hĂŽte qui mâexpliqua la marche Ă suivre. Nous devions nous rĂ©partir tout au long de la digue qui sĂ©parait lâĂ©tang amont de lâĂ©tang aval. Tous avaient des lampes de poche mais moi je nâavais mĂȘme pas pensĂ© Ă en prendre une. Mon hĂŽte me prit le bras et mâentraina Ă sa suite.
- « Ăcoute on va se tutoyer. Appelle moi Etienne et je tâappellerais Jo. Ici tout le monde se tutoie, on est tous amis et câest plus facile ».
- « OK Etienne je te suis ».
Le groupe avançait sur un chemin qui sâenfonçait entre les arbres Ă©clairĂ©s seulement par les lampes de poche. Au bout dâun moment la forĂȘt disparue subitement pour laisser la place, de part et dâautre du chemin, Ă des Ă©tendues dâeau qui luisaient faiblement dans lâobscuritĂ© de la nuit. Je compris que nous Ă©tions sur la digue qui sĂ©parait les deux Ă©tangs. Je mâaperçu que le groupe avait diminuĂ© ? Certains sâĂ©taient donc dĂ©jĂ positionnĂ©s derriĂšre nous. Enfin au bout dâun moment il sâarrĂȘta et il me dit.
- « Tu vas te placer là . On est au milieu de la digue ».
En agitant un bras il dit encore :
- « les canards vont arriver par là et vont se diriger par-là »
Avec son bras il mâavait indiquĂ© lâĂ©tang de droite et ensuite avec un grand geste circulaire lâĂ©tang de gauche.
- « Câest OK ? Il ne te manque rien ? Alors on te laisse. Nous on va se positionner un peu plus loin. »
Etienne sâĂ©loigna avec ses deux amis. Câest alors que je compris que jâĂ©tais, sinon, lâinvitĂ© dâhonneur, du moins lâinvitĂ© principal de cette partie de chasse.
Je me retrouvais donc seul dans la nuit entre les deux plans dâeau. LâobscuritĂ© Ă©tait si dense que je distinguais Ă peine mes pieds. Jâavais introduit deux cartouches dans mon fusil et refermĂ© la culasse. JâĂ©tais prĂȘt Ă tirer. JâespĂ©rais que câĂ©tait le bon grammage de plombs car je ne voyais rien sans lampe de poche. Le temps sâĂ©coulait lentement. Heureusement je mâĂ©tais bien habillĂ© avec une bonne parka qui me tenait bien au chaud. Rester immobile au bord de lâeau on ressentait trĂšs vite le froid sur les jambes et lâhumiditĂ© sur le visage. Mes yeux sâĂ©taient habituĂ©s Ă lâobscuritĂ© et en observant le ciel vers ce qui devait ĂȘtre le bout de lâĂ©tang on distinguait une nuance lĂ©gĂšrement plus claire. Lâaube ne devrait plus tarder.
Le temps sâĂ©tirait lentement et une lĂ©gĂšre brume flottait au-dessus de lâeau. Soudain un premier tir rĂ©sonna sur ma droite suivie par un second sur ma gauche. Les canards arrivaient, sans doute, et la passe avait commencĂ©. Je nâavais encore rien vu. Je scrutais le ciel, qui sâĂ©claircissait de plus en plus, avec une extrĂȘme attention quand je vis sur lâhorizon deux petits points noirs qui sâagitait et qui venaient droit sur moi.
- « Ces canards-là sont pour moi mais garde ton sang-froid si tu veux faire un carton » me dis-je.
Je savais quâil ne faut pas tirer sur un canard par devant car les plombs pouvaient rebondir sur son plumage. Le mieux Ă©tait de tirer quand le canard Ă©tait Ă la verticale ou encore mieux tirer sur lui par derriĂšre ainsi les plombs se glisseraient sous les plumes. Et lĂ , si le coup Ă©tait bien ajustĂ©, »couic » le canard, il ne resterait plus quâĂ le ramasser.
Jâavais Ă©paulĂ© mon fusil, un beau Fabarm Ă canons superposĂ©s de calibre 12 et je me mis Ă respirer lentement et profondĂ©ment. Je devais contrĂŽler ma respiration pour ne pas perturber mon tir. La mire de mon fusil pointĂ©e sur les oiseaux qui approchaient je me disais : « attend, ⊠attend, ⊠pas de prĂ©cipitation, attend encore laisse venir ». Les deux canards qui volaient de concert cote Ă cote passĂšrent Ă ma verticale. Jâavais bloquĂ© ma respiration et »boum boum » je lĂąchais mes deux coups de fusil. Les deux bestioles Ă©taient touchĂ©es, leur vol parti en vrille et dans un piquĂ© arrondi elles, ââplouf, ploufââ, tombĂšrent dans lâĂ©tang derriĂšre moi. A part quelques scintillements, lâĂ©tang Ă©tait totalement noir et je ne pouvais pas voir oĂč les oiseaux Ă©taient tombĂ©s. Un des canards ne devait pas ĂȘtre totalement mort car jâentendais du bruit de brassage dâeau. Au bout dâun moment le silence se fit Ă nouveau. JâĂ©jectait mes douilles, mis deux nouvelles cartouches et verrouillait la culasse de mon fusil. Je repris mon poste et me mis, Ă nouveau, aux aguets. Le ciel commençait vraiment Ă sâĂ©claircir, le soleil ne tarderait pas Ă se lever.
ââLe coup du Roiââ me dis-je en me souvenant de ma lecture de ââLa gloire de mon pĂšreââ de Marcel Pagnol. Le petit Marcel avait accompagnĂ© son pĂšre Ă la chasse. Ce pĂšre, instituteur Ă la ville, Ă©tait totalement Ă©tranger Ă la pratique de la chasse Ă la campagne. Mais Il voulait ĂȘtre intĂ©grĂ© Ă la communautĂ© du petit village provençal oĂč il avait sa maisonnette. Alors il avait dĂ©cidĂ© de devenir chasseur. Et malgrĂ© sa profonde inexpĂ©rience, le premier jour de chasse de sa vie, la chance lui sourit. Deux belles bartavelles (perdrix royales) vinrent se suicider sur la charge de plomb de son fusil. Alors avec une immense fiertĂ© et un peu dâarrogance aussi, il traversa le village avec ses deux piĂšces de gibier accrochĂ©es Ă sa ceinture bien visible. Sur la place du village les vieux, assis sur les bancs Ă prendre le soleil, virent Ă©bahis ce citadin et son fils, le petit Marcel, dĂ©filĂ©s aux pas cadencĂ©s et la tĂȘte haute regardant le ciel. Fier comme Artaban.
Le soleil nâallait pas tarder Ă surgir au-dessus des arbres. Lâespace sâĂ©tait Ă©claircie et maintenant on distinguait bien le contour des Ă©tangs. ĂĂ avait beaucoup tirĂ© Ă droite et Ă gauche. Au bout dâun moment Etienne arriva vers moi sur la digue.
- « Je tâai entendu tirer et tu as fait mouche car jâai entendu les canards tomber dans lâeau. »
- « Oui, ils doivent ĂȘtre lĂ quelque part dans les roseaux » dis-je en dĂ©signant la zone avec la main.
- « Bon on va envoyer les chiens »
A son ordre deux setters noir et blanc sautĂšrent allĂšgrement dans lâeau et sâenfoncĂšrent en nageant dans les roseaux. AprĂšs avoir barbotĂ© quelques minutes ils revinrent tous les deux vers la digue en tenant dans leur gueule un bestiau quâils vinrent dĂ©poser aux pieds de leur maĂźtre.
Etienne se tournant vers moi dit dâun ton affirmatif :
- « Tu sais que câest interdit »
- « Oui ?» rĂ©pondis-je me demandant oĂč il voulait en venir.
- « Dans les Dombes on ne chasse pas les mouettes ».
- « Tu nâas pas reconnu le vol caractĂ©ristique du canard. Le cou allongĂ© vers lâavant et les ailes Ă l’arriĂšre ».
Alors il tend son cou en avant et mime avec ses bras le battement des ailes dâun oiseau.
Je regarde les bestioles Ă ses pieds et effectivement je constate avec effarement que ce ne sont pas des canards. Ce sont dâautres oiseaux et probablement des mouettes comme il a dit.
Alors là je me sens un peu con et je balbutie une piÚtre réponse :
- « Je me suis surtout concentrĂ© sur la prĂ©cision de mon tir et je nâai pas fait attention aux oiseaux. Jâai cru que câĂ©taient des canards ».
- « En tout cas bravo pour le tir. Deux coups superposés et deux mouettes en bas. Tu es un bon fusil, une fine gùchette » me dit-il.
Au ton de sa voix je distinguais une lĂ©gĂšre ironie et je me suis dit en moi-mĂȘme :
- « Mon gars tu nâas pas fini dâen entendre parler ».
On sâĂ©tait regroupĂ©. Tous avaient abattu plusieurs canards. Les gibeciĂšres Ă©taient pleines. On sâest alors dirigĂ© vers la ferme. Le gibier abattu a Ă©tĂ© alignĂ© devant la maison. Le tableau de chasse Ă©tait assez impressionnant. Une douzaine de canards au moins plus mes deux mouettes. Je nâĂ©tais pas la seule ââfine gĂąchetteââ du groupe. Dans la ferme un casse-croute pantagruĂ©lique nous attendait. On sâest tous rĂ©partis autour de la grande table en bois et sans attendre mes compagnons se sont jetĂ©s sur les victuailles : jambons, saucissons, pĂątĂ©s, omelette, Ćufs durs et divers fromages, Saint-Marcellin, tomes, bleu de Bresse, des pains de campagne et plusieurs bouteilles de vin rouge des CĂŽtes du RhĂŽne et quelques bouteilles de Macon blanc. Il y avait de quoi nourrir un rĂ©giment. AprĂšs les premiĂšres bouchĂ©es et un ou deux verres de rouge ou de blanc les conversations avaient repris avec entrain. Et ce qui devait arriver arriva. Etienne se tourna vers moi et dit :
- « Tuer deux mouettes en deux coups de fusil successifs ce nâest pas si facile. Le vol des mouettes est bien plus erratique que celui des canards qui est assez linĂ©aire. Bravo. »
LĂ , ce nâĂ©tait plus de lâironie mais carrĂ©ment de la moquerie. Un large sourire sâĂ©talait sur toutes les faces des participants illuminĂ©es par les verres de CĂŽtes du RhĂŽne ou de Macon blanc.
Je feignais lâindiffĂ©rence et je crus bon de faire la remarque suivante :
- « Mais quand les mouettes veulent se mĂȘler aux vols des canards câest le suicide assurĂ© »
Mon trait dâesprit nâa pas semblĂ© marquer le point que jâespĂ©rais car Etienne rĂ©pondit en levant le doigt :
- « Entre la mouette et le canard il faut savoir choisir ».
Je laissais courir et je portais Ă ma bouche un verre de vin que jâai bu lentement pour ne pas rĂ©pondre. AprĂšs une heure il nây avait plus de victuaille sur la table. Il ne restait plus que les cadavres de bouteilles vides. AprĂšs cette bombance on est sorti devant la ferme et comme le veux la tradition on allait partager Ă©quitablement le produit de la chasse. Etienne se chargea du partage. Chacun de nous reçu un canard. Les trois canards qui restaient seraient remis Ă la femme du gardien pour ĂȘtre transformĂ© en pĂątĂ©. Ce quâelle savait, parait-il, excellement faire. Restaient mes deux mouettes. Alors Etienne se tourna alors vers moi et dit toujours avec un large sourire :
- « Je crois que ces deux trophĂ©es te reviennent cher ami. Mais si tu ne les veux pas le gardien sâen chargera. »
Je restais de marbre devant cette ultime mise en boite et je répondis :
- « Faites donc ââcher amiââ. »
En montant dans ma voiture pour partir je pensais que ma ridicule performance allait alimenter les bonnes histoires quâils se raconteront lors de leurs futures parties de chasse et cela pendant des annĂ©es peut-ĂȘtre.
Je ne serais pas lĂ pour les entendre mais je sais que cette histoire me poursuivra encore longtemps.
« De la mouette oĂč du canard il faut choisir ! »
Victor Mac Les Dombes Octobre 1984