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Les Racontars de Victor Maculan

  • De la mouette ou du canard il faut choisir

    novembre 29th, 2023

    – « On m’a dit que vous étiez chasseur. Est-ce exact ? »

    – « Eh bien disons que j’ai fait de mon mieux pour devenir un bon chasseur ».

    – « Vous avez tué beaucoup de gibier ? »

    – « Ce n’est pas ce que je voulais dire. D’ailleurs j’ai tué très très peu : un lapin, peut-être une poule faisane et deux …. Mais ceci est une autre histoire. Disons que j’ai essayé d’être un bon compagnon de chasse sans me soucier de faire un score. Le plus important pour moi était de partager des bons moments avec les amis, les copains et les cousins. Je voulais être un bon camarade. » 

    – « Parlez-moi de cette autre histoire que vous semblez vouloir cacher ».

    – « Ce n’est pas que je veuille cacher cette histoire mais elle n’est pas brillante pour mon égo et encore moins pour ma réputation de chasseur. »

    – « Allez, allez racontez ! »

    C’était ma deuxième saison de chasse. A cette époque je chassais avec mon beau-frère et mes cousins tous passionnés de chasse. Nous chassions dans un des plus beaux territoires de chasse du département de la Savoie : La Motte Servolex – Le Bourget du Lac. 

    Un lac et des rivières pour la passe aux canards, de la plaine et des champs pour le lapin, le lièvre, le faisan et autres gibiers à plume. Enfin la montagne avec des gibiers plus gros comme le chevreuil et le sanglier. A l’époque je venais un week-end sur deux voir mes parents et quand la saison de la chasse était ouverte, le dimanche matin ‘’partie de chasse’’ obligatoire avec les cousins et le beau-frère.

    Levé aux aurores, on commençait par la passe aux canards le long de la rivière La Leysse qui se jetait dans le lac du Bourget. Après la passe c’était la traque aux lapins et aux faisans dans la plaine entre les deux montagnes du Revard et du mont du Chat. En fait, ce qui me plaisait le plus ce n’était pas de tirer du gibier c’était le casse-croute de dix heures que l’on prenait dans une boulangerie-bistrot en bordure de notre terrain de chasse. Des diots grillés, de la tome de Savoie sur un bon pain de campagne le tout arrosé par un petit vin blanc de Savoie de derrière la montagne. Bien au chaud à coté de la cheminée.

    A cette époque, j’habitais la région lyonnaise où je dirigeais une entreprise de distribution de jouets en gros située en périphérie de l’est lyonnais. Très proche de la fameuse région des Dombes dans l’Ain. Cette région était réputée pour ses milliers d’étangs. Un film de Patrice Leconte, ‘’Ridicule’’, raconte l’histoire de cette région de marais et de fièvres et celle d’un jeune aristocrate qui voulait convaincre le Roi Louis XVI de l’aider à assécher les paludes. Ce film de 1996 reçu quatre Oscars. 

    Cette région était aussi très célèbre pour ses nombreuses chasses privées appartenant à la bourgeoisie industrielle et marchande lyonnaise.

    Mon entreprise de jouets était un très gros expéditeur de marchandises. Quelques milliers de tonne expédiées par an sur tout la France. Nous avions donc des contrats importants avec quelques sociétés de transport. Le dirigeant d’une de ces sociétés de transport me sollicitait régulièrement depuis plusieurs années pendant la saison de la chasse. Il voulait m’inviter à une partie de chasse dans sa ‘’superbe’’ chasse privée des Dombes. 

    J’avais toujours repoussé cette invitation. Je ne me considérais pas suffisamment bon chasseur pour participer à ce genre de ‘’partie’’ avec des personnes passionnées de chasse et considérées comme des ‘’fines gâchettes’’. Enfin, un jour sur la forte insistance de ce fournisseur, je finis par accepter son invitation.

    Un samedi, rendez-vous à cinq heures du matin devant l’église de Mionnay. N’habitant pas très loin je suis arrivé un peu avant cinq heures. Je garais ma voiture devant l’église et je laissais les phares allumés dans la nuit noire de l’automne. Je n’ai pas attendu très longtemps et bientôt quatre ou cinq voitures sont arrivées et se sont garées devant l’église. Les personnes sortirent des véhicules et se rapprochèrent dans la lumière des phares pour se saluer.

    Le patron de la société de transport vînt à ma rencontre, me serra la main et il me présenta rapidement aux autres chasseurs qui apparemment étaient tous des amis co-actionnaires de la chasse privée.

    • « Vous allez me suivre avec votre voiture. Notre chasse n’est pas très loin à une dizaine de kilomètres environ ».

    Nous avons roulé en convoi sur la route nationale en direction de Bourg en Bresse pendant quelques kilomètres avant de tourner dans une route de traverse qui s’enfonçait dans la forêt obscure. Un premier croisement, un deuxième, un troisième. Très vite, dans la nuit noire et sans lune, j’avais perdu le sens de l’orientation. Je me contentais de suivre la voiture qui ouvrait la route devant moi. Quelques minutes plus tard nous avons traversé un portail qui ouvrait sur une cour entourée de plusieurs bâtiments. C’était un corps de ferme avec plusieurs dépendances. Les voitures se sont garées les unes à côté des autres devant un bâtiment qui devait être une grange. Les occupants ouvrirent les coffres des voitures et commencèrent à s’équiper : botte, cartouchières, fusil. Certains portaient des vestes de chasse à gibecière et tous des chapeaux ou des casquettes. Mon hôte nous réunit et il nous invita à venir boire un café dans la ferme. En se dirigeant vers le bâtiment d’habitation qui était éclairée il m’expliqua qu’un couple d’agriculteur vivait là et moyennant salaire, gardait et entretenait leur domaine de chasse. Nous sommes entrés dans la pièce principale qui servait de cuisine et de salle à manger. Sur la grande table de bois sombre étaient alignés des tasses, des bols et des verres ainsi que deux grandes cafetières. Il y avait aussi du pain de campagne, du fromage et du saucisson. Je voyais bien que certains auraient bien aimé entamer le casse-croute mais notre hôte bouscula le groupe.  Ceux qui le souhaitaient pouvaient prendre une tasse de café rapidement car le temps pressait. Nous devions nous positionner pour la passe aux canards avant que le jour se lève. Après s’être abreuver tout le monde sorti se réunir dans la cour autour de notre hôte qui m’expliqua la marche à suivre. Nous devions nous répartir tout au long de la digue qui séparait l’étang amont de l’étang aval. Tous avaient des lampes de poche mais moi je n’avais même pas pensé à en prendre une. Mon hôte me prit le bras et m’entraina à sa suite.

    • « Écoute on va se tutoyer. Appelle moi Etienne et je t’appellerais Jo. Ici tout le monde se tutoie, on est tous amis et c’est plus facile ». 
    • « OK Etienne je te suis ».

    Le groupe avançait sur un chemin qui s’enfonçait entre les arbres éclairés seulement par les lampes de poche. Au bout d’un moment la forêt disparue subitement pour laisser la place, de part et d’autre du chemin, à des étendues d’eau qui luisaient faiblement dans l’obscurité de la nuit. Je compris que nous étions sur la digue qui séparait les deux étangs. Je m’aperçu que le groupe avait diminué ? Certains s’étaient donc déjà positionnés derrière nous. Enfin au bout d’un moment il s’arrêta et il me dit.

    • « Tu vas te placer là. On est au milieu de la digue ». 

    En agitant un bras il dit encore :

    • « les canards vont arriver par là et vont se diriger par-là »

    Avec son bras il m’avait indiqué l’étang de droite et ensuite avec un grand geste circulaire l’étang de gauche.

    • « C’est OK ? Il ne te manque rien ? Alors on te laisse. Nous on va se positionner un peu plus loin. »

    Etienne s’éloigna avec ses deux amis. C’est alors que je compris que j’étais, sinon, l’invité d’honneur, du moins l’invité principal de cette partie de chasse.

    Je me retrouvais donc seul dans la nuit entre les deux plans d’eau. L’obscurité était si dense que je distinguais à peine mes pieds. J’avais introduit deux cartouches dans mon fusil et refermé la culasse. J’étais prêt à tirer. J’espérais que c’était le bon grammage de plombs car je ne voyais rien sans lampe de poche. Le temps s’écoulait lentement. Heureusement je m’étais bien habillé avec une bonne parka qui me tenait bien au chaud. Rester immobile au bord de l‘eau on ressentait très vite le froid sur les jambes et l’humidité sur le visage. Mes yeux s’étaient habitués à l’obscurité et en observant le ciel vers ce qui devait être le bout de l’étang on distinguait une nuance légèrement plus claire. L’aube ne devrait plus tarder. 

    Le temps s’étirait lentement et une légère brume flottait au-dessus de l’eau. Soudain un premier tir résonna sur ma droite suivie par un second sur ma gauche. Les canards arrivaient, sans doute, et la passe avait commencé. Je n’avais encore rien vu. Je scrutais le ciel, qui s’éclaircissait de plus en plus, avec une extrême attention quand je vis sur l’horizon deux petits points noirs qui s’agitait et qui venaient droit sur moi. 

    • « Ces canards-là sont pour moi mais garde ton sang-froid si tu veux faire un carton » me dis-je.

    Je savais qu’il ne faut pas tirer sur un canard par devant car les plombs pouvaient rebondir sur son plumage. Le mieux était de tirer quand le canard était à la verticale ou encore mieux tirer sur lui par derrière ainsi les plombs se glisseraient sous les plumes. Et là, si le coup était bien ajusté,  »couic » le canard, il ne resterait plus qu’à le ramasser.

    J’avais épaulé mon fusil, un beau Fabarm à canons superposés de calibre 12 et je me mis à respirer lentement et profondément. Je devais contrôler ma respiration pour ne pas perturber mon tir. La mire de mon fusil pointée sur les oiseaux qui approchaient je me disais : « attend, … attend, … pas de précipitation, attend encore laisse venir ». Les deux canards qui volaient de concert cote à cote passèrent à ma verticale. J’avais bloqué ma respiration et  »boum boum » je lâchais mes deux coups de fusil. Les deux bestioles étaient touchées, leur vol parti en vrille et dans un piqué arrondi elles, ‘’plouf, plouf’’, tombèrent dans l’étang derrière moi. A part quelques scintillements, l’étang était totalement noir et je ne pouvais pas voir où les oiseaux étaient tombés. Un des canards ne devait pas être totalement mort car j’entendais du bruit de brassage d’eau. Au bout d’un moment le silence se fit à nouveau. J’éjectait mes douilles, mis deux nouvelles cartouches et verrouillait la culasse de mon fusil. Je repris mon poste et me mis, à nouveau, aux aguets. Le ciel commençait vraiment à s’éclaircir, le soleil ne tarderait pas à se lever.

    ‘’Le coup du Roi’’ me dis-je en me souvenant de ma lecture de ‘’La gloire de mon père’’ de Marcel Pagnol. Le petit Marcel avait accompagné son père à la chasse. Ce père, instituteur à la ville, était totalement étranger à la pratique de la chasse à la campagne. Mais Il voulait être intégré à la communauté du petit village provençal où il avait sa maisonnette. Alors il avait décidé de devenir chasseur. Et malgré sa profonde inexpérience, le premier jour de chasse de sa vie, la chance lui sourit. Deux belles bartavelles (perdrix royales) vinrent se suicider sur la charge de plomb de son fusil. Alors avec une immense fierté et un peu d’arrogance aussi, il traversa le village avec ses deux pièces de gibier accrochées à sa ceinture bien visible. Sur la place du village les vieux, assis sur les bancs à prendre le soleil, virent ébahis ce citadin et son fils, le petit Marcel, défilés aux pas cadencés et la tête haute regardant le ciel. Fier comme Artaban.

    Le soleil n’allait pas tarder à surgir au-dessus des arbres. L’espace s’était éclaircie et maintenant on distinguait bien le contour des étangs. Çà avait beaucoup tiré à droite et à gauche. Au bout d’un moment Etienne arriva vers moi sur la digue.

    • « Je t’ai entendu tirer et tu as fait mouche car j’ai entendu les canards tomber dans l’eau. »
    • « Oui, ils doivent être là quelque part dans les roseaux » dis-je en désignant la zone avec la main.
    • « Bon on va envoyer les chiens »

    A son ordre deux setters noir et blanc sautèrent allègrement dans l’eau et s’enfoncèrent en nageant dans les roseaux. Après avoir barboté quelques minutes ils revinrent tous les deux vers la digue en tenant dans leur gueule un bestiau qu’ils vinrent déposer aux pieds de leur maître. 

    Etienne se tournant vers moi dit d’un ton affirmatif :

    • « Tu sais que c’est interdit »
    • « Oui ?» répondis-je me demandant où il voulait en venir.
    • « Dans les Dombes on ne chasse pas les mouettes ».
    • « Tu n’as pas reconnu le vol caractéristique du canard. Le cou allongé vers l’avant et les ailes à l’arrière ».

    Alors il tend son cou en avant et mime avec ses bras le battement des ailes d’un oiseau.

    Je regarde les bestioles à ses pieds et effectivement je constate avec effarement que ce ne sont pas des canards. Ce sont d’autres oiseaux et probablement des mouettes comme il a dit.

    Alors là je me sens un peu con et je balbutie une piètre réponse :

    • « Je me suis surtout concentré sur la précision de mon tir et je n’ai pas fait attention aux oiseaux. J’ai cru que c’étaient des canards ».
    • « En tout cas bravo pour le tir. Deux coups superposés et deux mouettes en bas. Tu es un bon fusil, une fine gâchette » me dit-il.

    Au ton de sa voix je distinguais une légère ironie et je me suis dit en moi-même : 

    • « Mon gars tu n’as pas fini d’en entendre parler ».

    On s’était regroupé. Tous avaient abattu plusieurs canards. Les gibecières étaient pleines. On s’est alors dirigé vers la ferme. Le gibier abattu a été aligné devant la maison. Le tableau de chasse était assez impressionnant. Une douzaine de canards au moins plus mes deux mouettes. Je n’étais pas la seule ‘’fine gâchette’’ du groupe. Dans la ferme un casse-croute pantagruélique nous attendait. On s’est tous répartis autour de la grande table en bois et sans attendre mes compagnons se sont jetés sur les victuailles : jambons, saucissons, pâtés, omelette, œufs durs et divers fromages, Saint-Marcellin, tomes, bleu de Bresse, des pains de campagne et plusieurs bouteilles de vin rouge des Côtes du Rhône et quelques bouteilles de Macon blanc. Il y avait de quoi nourrir un régiment. Après les premières bouchées et un ou deux verres de rouge ou de blanc les conversations avaient repris avec entrain. Et ce qui devait arriver arriva. Etienne se tourna vers moi et dit :

    • « Tuer deux mouettes en deux coups de fusil successifs ce n’est pas si facile. Le vol des mouettes est bien plus erratique que celui des canards qui est assez linéaire. Bravo. »

    Là, ce n’était plus de l’ironie mais carrément de la moquerie. Un large sourire s’étalait sur toutes les faces des participants illuminées par les verres de Côtes du Rhône ou de Macon blanc.

    Je feignais l’indifférence et je crus bon de faire la remarque suivante :

    • « Mais quand les mouettes veulent se mêler aux vols des canards c’est le suicide assuré »

    Mon trait d’esprit n’a pas semblé marquer le point que j’espérais car Etienne répondit en levant le doigt :

    • « Entre la mouette et le canard il faut savoir choisir ».

    Je laissais courir et je portais à ma bouche un verre de vin que j’ai bu lentement pour ne pas répondre. Après une heure il n’y avait plus de victuaille sur la table. Il ne restait plus que les cadavres de bouteilles vides. Après cette bombance on est sorti devant la ferme et comme le veux la tradition on allait partager équitablement le produit de la chasse. Etienne se chargea du partage. Chacun de nous reçu un canard. Les trois canards qui restaient seraient remis à la femme du gardien pour être transformé en pâté. Ce qu’elle savait, parait-il, excellement faire. Restaient mes deux mouettes. Alors Etienne se tourna alors vers moi et dit toujours avec un large sourire :

    • « Je crois que ces deux trophées te reviennent cher ami. Mais si tu ne les veux pas le gardien s’en chargera. »

    Je restais de marbre devant cette ultime mise en boite et je répondis :

    • « Faites donc ‘’cher ami’’. »

    En montant dans ma voiture pour partir je pensais que ma ridicule performance allait alimenter les bonnes histoires qu’ils se raconteront lors de leurs futures parties de chasse et cela pendant des années peut-être. 

    Je ne serais pas là pour les entendre mais je sais que cette histoire me poursuivra encore longtemps.

    « De la mouette où du canard il faut choisir ! »

    Victor Mac   Les Dombes Octobre 1984

  • Boucher ou boulanger il faut choisir

    novembre 29th, 2023

    Eh oui la guerre continue. Poutine est toujours en train de détruire ce pays et de massacrer sa population. Il veut absolument supprimer l’Ukraine et en faire une province russe quel que soit le prix à payer. 

    Poutine veut à tout prix une victoire russe pour lancer sa candidature à la prochaine élection présidentielle en 2024. On se demande bien pourquoi faire des élections alors qu’on connait déjà le résultat. Mais vous connaissez les dictateurs ils ont toujours besoin d’un semblant de légalité. 

    Alors l’armée russe a mis le paquet, comme on dit. Record battu pour la bataille d’Avdiivka –> 971 soldats russes meurent chaque jour. On a les records olympiques qu’on peut. La vie d’un soldat ne compte pas pour Poutine et son état-major. Il parait que les stocks sont inépuisables dans les différentes républiques de la Fédération aux confins de la sainte Russie. Du moment qu’on ne touche pas à la jeunesse ‘’dorée’’ de Moscou et de Saint Pétersbourg tout ‘’roule’’. La récolte de chair à canon sera abondante. 

    A propos de récoltes, quid des prochaines récoltes de blé Ukrainien ? Auront-elles lieu ? Seront-elles suffisantes ? Rien n’est moins sûr. La famine ou, du moins, la sous-alimentation menacera encore beaucoup de pays africains.
    Ce qui est sûr et cela se confirme :  

    Poutine est un boucher, il ne sera jamais un boulanger.

    Victor Mac mercredi 29 novembre 2023

  • Dialogue de sourds (2) (Annie Ernaux)

    novembre 24th, 2023

    Annie Ernaux Prix NOBEL de Littérature 2022

    Bonjour Annie,

    Merci pour votre réponse.

    Un moment j’ai pensé que vous ne répondriez pas à ma lettre car, après coup, je m’étais dit ‘’ta démarche est, peut-être, un peu cavalière’’. C’est vrai je ne connaissais pas la procédure à suivre pour contacter un(e) écrivain(e). Cependant, connaissant votre adresse, je ne l’aurais pas suivi.  

    Maintenant pourquoi vous ai-je écrit ? 

    C’est bien la première fois de ma vie de lecteur que j’écris une lettre à l’auteur(e) d’un livre que je suis en train de lire.

    Comme je vous l’ai déjà dit, tout avait commencé comme un jeu de piste. Lorsque lors de mes déambulations je tombe sur votre boite aux lettres le jeu aurait dû être ‘’game over’’. 

    J’avais déjà lu quelques-uns de vos ouvrages et je lisais « La femme gelée ». C’est en lisant le vécu de votre enfance et de votre jeunesse que j’ai commencé à ressentir des sensations que je ne comprenais pas. En tout cas au début. Ce sentiment petit à petit s’est amplifié. C’était comme suçoter un bonbon à la menthe. Au début l’arome de la menthe enveloppe votre langue et puis peu à peu envahi toute votre bouche. Il y avait un tas d’images qui surgissaient du passé et qui venaient encombrer mon esprit. Que se passe-t-il donc ? J’ai lu pas mal d’histoires qui racontaient mon époque mais jamais avec ce sentiment ou ces sensations. Alors où est le mystère ?  Eh bien il n’y en a pas. 

    Je crois avoir compris le pourquoi du comment. Du moins en partie et c’est pourquoi je ne voudrais pas aller trop vite dans mes explications. Nous vivons dans un monde chronométré où la vitesse d’exécution est une composante très importante. Trop peut-être et c’est comme ça que l’on sort de la piste. Donc, dans ces échanges épistolaires, je ne suivrai pas la devise olympique « plus vite, plus haut, plus fort ». Je préfèrerais suivre plutôt un concept ‘’slow food’’ : « Seulement avec une pensée lente et profonde, on peut espérer trouver un sens »

    Qui a dit ça ? je ne sais plus.

    Je pense connaître un peu la femme publique que vous êtes devenu mais vous, vous ne me connaissez pas du tout. Du moins pas encore. Alors plantons un cadre comme on dit. 

    Nous avons un parcours parallèle

    Vous avez pris un peu d’avance en commençant en 1940, et vous avez voulu prendre des risques en naissant en Normandie. 

    Moi, j’ai préféré attendre la fin de la guerre et j’ai commencé en 1947 en Italie. Il y a une part d’immigré chez moi.

    Nous avons, plus que probablement, un parcours et des vécus similaires :

    – milieu modeste, provincial et populaire,

    – enseignement dans des institutions privées catholiques, études supérieures, croyance que l’école et le savoir permet de s’élever, de sortir de sa classe et de son milieu sans le renier,

    – poids du milieu familial et de la mère en particulier dans notre édification personnelle, 

    – l’engagement dans le travail pour atteindre une certaine réussite, professionnelle, familiale et personnelle, ….

    Pour finir, nous avons atteint le niveau de vie d’une certaine ‘’bourgeoisie’’, bien que nous n’ayons pas les codes au départ. Sinon la richesse du moins une certaine aisance.

    Vu comme ça on pourrait dire ‘’tout ça c’est bonnard’’. Oui peut-être ? En apparence du moins. Souvent la réalité ‘’vraie’’ est légèrement différente. Quant est-il des plaies et des bosses qui jalonnent généralement toute une vie ? La peur, l’angoisse, la souffrance, le manque, la déception, l’illusion et j’en passe. On n’est jamais seul sur notre trajectoire. En voiture sur la route on dit souvent « attention le danger ce sont les autres ». Eh bien, je crois que dans la vie c’est un peu pareil à la différence que si les autres peuvent être un ‘’danger’’ ils peuvent être aussi du ‘’bon’’. Et comme on se construit, bien évidemment, par rapport aux autres. Alors ?

    Peut-être des trajectoires parallèles mais dans des univers très différents : 

    Annie Ernaux dans l’enseignement, la littérature, les médias, le professorat, l’écriture, le partage …. avec cette relation très intime de l’écrivain avec ses lecteurs.  

    Vital dans le business, le commerce et l’industrie, la fabrication et la distribution, la gestion et la direction …. mais aussi quelque chose d’autre tourné principalement vers les autres.

    Finalement, il n’y a rien de vraiment commun dans tout ça. 

    Maintenant ne désespérons pas il y a encore beaucoup de choses : l’épouse, le mari, les enfants, les parents, les amants(es), la maison, le supermarché, l’école, le médecin, la voiture, le voyage, les vacances, le cinéma, … et tout le reste.

    A part la guerre que vous avez, je pense, ressentie et pas moi, nous avons vécu les mêmes époques, les mêmes évènements, les mêmes musiques, …

    De mon point de vue, il semblerait, que jusqu’à maintenant, nous ayons eu de la chance. 

    Nous avions commencé dans le monde d’avant, celui de nos grands-parents et de nos parents, un monde qui semblait immuable sinon figé où le mot d’ordre était construire, édifier et aussi survivre. Ensuite est venu notre monde à nous, un monde en perpétuelle évolution avec un progrès scientifique et technique fantastique et avec une innovation permanente. Un seul mot d’ordre consommer. Un monde matérialiste et futile qui nous rendu souvent obèse et bouffi. Mais ce que nous voulions surtout c’était  respirer le grand air de la liberté.

    Bon là, je commence, sinon à m’égarer du moins à m’éparpiller.  

    STOP. Arrêt sur image.

    Je me disais « où veux-tu en venir avec Annie Ernaux ? » Je prends alors mon temps pour réfléchir à la suite de ma lettre. Je me fais un café et, en attendant qu’il refroidisse un peu, je vais sur internet pour voir votre fiche Wikipédia.  Je n’avais même pas pensé à aller sur le net pour découvrir ce qu’on dit de vous avant de vous écrire. Bizarre non ??? Et c’est là que je suis tombé de ma chaise. J’aurais dû y penser bien entendu. On n’est pas ‘’nobelisée’’ par hasard.

    Et que vois-je ? Annie Ernaux est un monument, et je dirais même mieux, une ‘’cathédrale’’. Non seulement dans la littérature mais aussi dans tous les domaines de la vie :  sociale, sociétale, politique, locale, nationale et international.  J’avais bien senti, à travers les quelques livres que j’avais lus, que vous étiez, non seulement une littéraire, mais aussi une rebelle, une militante engagée, une insoumise et bien d’autres choses encore. Mais je ne m’attendais pas à ce foisonnement, à ce feu d’artifice. Je découvre donc votre site internet. Très bien le site. Structuré, documenté, illustré avec tous les renvois importants et nécessaires. Et je me dis « là il y a tout Annie Ernaux »  

    J’étais déstabilisé et un peu en colère contre moi. Je me disais « pourquoi as-tu contacter Annie Ernaux alors que probablement toutes les réponses à tes questions sont sur le net ?»

    J’ai alors décidé de faire une pose de quelques jours pour mettre un peu d’ordre dans mes idées. En avais-je encore ? J’ai donc arrêté la rédaction de cette lettre que j’ai failli mettre à la poubelle car je la jugeais n’être plus de circonstance. Entre temps qu’ai-je fais ? Rassurez-vous je ne vous ai pas oubliée. A la suite de votre lettre j’avais décidé de recommencer à lire ‘’La femme gelée’’ depuis le début, avec plus d’attention et avec un crayon pour souligner et/ou annoter certains mots ou passages. Je suis allé au Grand Cercle acheter ‘’Les années’’ que vous m’aviez conseillé. J’en ai profité pour acheter quelques autres de vos ouvrages : ‘’L’autre fille (édition avec des photos), L’occupation, Je ne suis pas sortie de ma nuit, Se perdre’’. Vous allez m’accompagner pendant quelques mois, et probablement plus, d’autant que je lirai en même temps (ce n’est pas du Macron) d’autres livres qui sont programmés. Je n’ai pas fini de lire ‘’La femme gelée’’ que j’ai déjà commencé ‘’Les années’’. Eh oui, je n’ai plus de temps à perdre.

     

    Enfin, je suis allé me promener sur votre site internet. C’est un immense jardin bien ordonné et entretenu. Up to date comme on dit. Votre prochaine conférence en octobre 2024 à Edinburgh & St Andrews est déjà bien documentée. (Au fait, pourquoi ni serais-je pas ? J’adore l’Ecosse et Edinburgh, …)

    Un jardin à la française avec des perspectives, des allées, des droites, des courbes et le tout organisées à partir d’un axe central. C’est axe central c’est vous Annie Ernaux. Maintenant entrer dans cet éden pour en récolter tous les fruits c’est mille ans d’une vie. Et je ne parle même pas du fruit défendu qui est certainement là quelque part. Alors j’ai décidé d’aller à la pêche, comme on dit, pour essayer de saisir ce qui me paraîtrait essentiel. 

    Vous connaissez certainement la méthode de lecture rapide qu’on vous apprend dans les grandes écoles. Il faut être rapide, productif, …… toujours la montre, la vitesse pour être profitable. Bref, on lit en diagonale (du fou) un texte en essayant de détecter les mots qui font sens pour comprendre ‘’globalement’’ l’essentiel. Concept que j’ai toujours trouvé débile, mais bon. Si un texte vous accroche, on peut toujours le lire ‘’tranquillement’’. Ce que j’ai fait notamment pour plusieurs de vos textes.

    Comme je vous l’ai déjà dit vous êtes l’axe central de ce site. On ne peut pas faire plus nu que le simple trait d’un axe. Ceux qui s’expriment à votre sujet, vous ont certainement lue, du moins je l’espère. Vous avez été déshabillée (décarpillée – Les années), auscultée, analysée, sondée, décortiquée, scannée, microscopée, vivisectionnée, testée, scalpée, critiquée, insultée, détestée, respectée, encensée, adorée, … et j’en passe. Cependant ce sont des avis et des commentaires de ‘’spécialistes’’. C’est bien d’être reconnu par le sérail mais c’est de l’entre-soi. Je n’ai pas vu beaucoup de déclarations de péquenots. 

     Mais, peu importe, ce qui est le plus important ce sont vos lecteurs et non vos commentateurs.

    Bien sûr vous n’avez pas eu peur de faire de votre vie ‘’l’axe central’’ de vos écritures. Seriez-vous, au fond de vous-même, un peu exhibitionniste ? Dans le sens que, une fois exposée, cela vous donne le courage d’aller au bout de vos sentiments, de vos envies, de vos angoisses, …

    Ce n’est qu’une fois qu’on a osé sauter dans l’eau, même froide, qu’on a le plaisir de barboter.

    Je voudrais terminer cette lettre, que je trouve bien longue, sur le mot ‘’plaisir’’.

    Tant qu’il y a du plaisir à vous lire ça roule !!

    Bonne journée.

    Vital  B. Courdimanche le 15/12/2023

  • L’aventure c’est l’aventure !

    novembre 16th, 2023

    J’étais en train de payer mes achats à la caisse du supermarché quand la personne qui venait juste après moi m’interpelle :

    « Comment allez-vous ? » 

    Par politesse et automatisme je répond sans regarder :

    «  Très bien, du moins je l’espère » 

    Je me retourne vers la personne qui m’avait interpellé. C’était un monsieur d’environ 70 ans accompagné de sa femme.

    Et ce monsieur continu :

    «  Vous êtes bien Johnny ? »

    Et il enchaîne :

    « On vous croyait mort » 

    Je veux bien avoir un air de ressemblance avec Johnny Halliday surtout avec ma moustache et barbichette. 

    Que l’on me prenne pour Johnny cela arrive de temps en temps. Et même, l’autre jour, on me dit que j’avais la même voix que Johnny. Alors ?

    Mais que l’on me  »croyait mort’’ celle-là on ne me l’avait jamais faite. 

    Le monsieur avait l’air disons ‘’sérieux’’. Il ne semblait pas plaisanter. Et sa femme juste derrière lui non plus.

    Alors du tac au tac je réponds :

    «  Eh bien oui ! J’ai été obligé de revenir parce que je sors un disque, dans les prochains jours, avec une nouvelle chanson.

    Et comme vous savez, si je suis pas là il y aura des problèmes » 

    Le coup du disque avec une nouvelle chanson de Johnny est vrai. J’avais entendu la nouvelle à la radio la veille.

    Le monsieur répond,

    « Ah bon alors. Vous avez été obligé ? » 

    Il avait l’air étonné sans plus. Mais il semblait accorder beaucoup d’attention et de sérieux à ma réponse. Et sa femme aussi.

    Est-ce un plaisantin ou bien crois-t’il vraiment aux ‘’revenants’’.

    Je décidais alors de lui dire la triste mais ‘’vraie’’ vérité.

    «  Mais non, rassurez-vous, je ne suis pas Johnny. Johnny est toujours enterré sur son ile de Saint-Martin. Ceci dit je suis un vrai fan de Johnny. Un vrai de vrai. »

    Et le monsieur me répond :

    «  Ah bon alors. On est bien rassuré  (et il se tourne vers sa femme)  Mais nous aussi on aime beaucoup Johnny. On a cru, un moment, que vous étiez revenu. » 

    Revenant ou pas. Croyant ou pas. Johnny sera pour toujours ‘’l’aventure’’.

    Victor Maculan le 16 novembre 2023

  • Un marocain en route vers le Canada

    novembre 14th, 2023

    Un marocain raconte sa petite aventure…

    J’étais en voiture, sur le chemin du retour depuis New York pour Montréal, où j’habite depuis maintenant plus de 20 ans.
    Au poste frontière, je remettais mon passeport à la préposée de la douane, et lorsque elle lut :  « Lieu de naissance : MAROC », elle me demanda :
    – Comment va le Maroc ?
    – Ça peut aller, lui répondis-je. Tout ce que l’on souhaite, c’est que ça continue à aller autant bien que mal…
    – Depuis combien de temps vivez-vous au Canada?
    – Je viens de boucler ma 20ème année.
    – A quand remonte votre dernière visite au Maroc ?
    – C’était il y a deux ans.
    Elle me fixa en souriant et me dit:
    – Lequel des deux aimez-vous le plus, le Maroc ou le Canada ?
    – La différence que je fais entre le Maroc et le Canada, est exactement celle que je fais entre ma mère et mon épouse. Mon épouse, je l’ai choisie, je suis tombé sous son charme, je l’aime, j’en suis amoureux, mais elle ne peut en aucun cas me faire oublier ma mère. Je n’ai pas choisi ma mère, mais je sais que je lui appartiens. Je ne me sens bien que dans ses bras; je ne pleure que sur son épaule.
    Elle referma mon passeport, me fixa avec étonnement, puis me dit : 
    – On entend souvent dire que la vie est très difficile au Maroc. Comment pouvez-vous aimer autant ce pays ?
    – Vous voulez dire « ma mère » ?
    Elle sourit et dit : supposons-le.
    – Ma mère est peut-être pauvre; elle n’a pas de quoi me payer mes soins, encore moins les honoraires du médecin, mais la tendresse de son giron quand elle m’étreint, et la chaleur de son cœur lorsque je suis dans ses bras, suffisent à me guérir.
    – Décrivez-moi le Maroc?
    – Elle n’a pas la beauté blonde, mais la vue de son visage m’apaise.
    – Elle n’a pas les yeux bleus, mais sa vue me met en sécurité. Ses vêtements sont simples, mais elle porte dans ses plis bonté et miséricorde… Elle ne se pare pas d’or et d’argent, mais elle porte à son cou un collier d’épis de blé, dont elle nourrit tout affamé. Les brigands l’ont spolié bien souvent, mais elle continue de sourire.
    Elle me remit mon passeport et dit :
    – Je connais le Maroc à travers les écrans de la télé, mais je n’y trouve rien de ce que vous m’avez décrit.
    – Vous avez vu le Maroc des cartes géographiques. Quant à moi, je parle du Maroc enfoui dans mon coeur et mes entrailles.
    – Je souhaite que votre fidélité pour le Canada égale celle que vous ressentez pour le Maroc … Je veux dire votre fidélité à l’épouse autant qu’à la mère.
    – Entre le Canada et moi, existe un contrat auquel je dois fidélité, et je ne suis pas de ceux qui ne respectent pas leur contrat. Et je souhaiterais que vous sachiez que cette fidélité, c’est ma mère qui me l’a enseignée…

    Victor Maculan, un jour au Maroc et un jour au Canada

  • La ballade de CHARLIE,

    novembre 14th, 2023

    Ils ont voulu casser mes crayons :

    Ah ! Les cons

    Ils ont voulu casser nos crayons.

    Les cons sacrés. Les sacrés cons.

    Ils ont cassé quelques mines

    Mais pas les crayons! Mais pas nos crayons!

    Ah! Ah! Ils ont bonne mine

    Les cons sacrés. Les sacrés cons.

    Ils ignorent qu’avec une bonne vigne

    Il faut tailler et nous taillerons

    Ah! Ah! Ils ont bonne mine

    Les cons sacrés. Les sacrés cons

    Car nous boirons le vin de la vigne

    A la santé de nos crayons.

    Ah! Ah! Ils ont bonne mine

    Les cons sacrés. Les sacrés cons.

    Comme de la vigne est le bon vin

    De nos crayons est le beau dessin

    Ah! Ah! Ils ont bonne mine

    Les cons sacrés. Les sacrés cons.

    Vive la vigne et le bon vin ! 

    Vive Charlie et le beau dessin !

    Victor Mac 10 janvier 2015

  • Noir c’est noir,

    novembre 14th, 2023

    Noir c’est noir

    c’était un soir

    dans un bar 

    il faisait noir

    lunettes noires

    c’était un soir

    dans un bar

    il fallait voir

    costume noir

    c’était un soir

    dans un bar

    c’était la foire

    cravate noire

    c’était un soir

    dans un bar                        

    on allait boire

    chapeau noir

    c’était un soir

    dans un bar

    il fallait croire

    on était …. noir

    Victor Maculan dans un bar de Saint Bonnet de Mure le 24 octobre 1997 

    (comme un hommage aux Blues Brothers)                                             

  • Avez-vous un avis sur Dorian Gray?

    novembre 14th, 2023

    Dorian Gray ou la beauté donnée par le Diable.

    L’illusion de l’éternelle jeunesse va détruire l’âme de ce jeune homme.

    C’est une histoire de mensonges, de trahisons, de meurtres et d’amour.

    De la haute bourgeoisie au bas-fond de Londres (drogues, prostitutions, …) 

    La qualité du style d’Oscar Wilde vous séduira tout au long de votre lecture de cette captivante histoire toujours très actuelle aujourd’hui.

    Victor Maculan le 19 décembre 2019

  • Monologue de Dorian Gray

    novembre 14th, 2023

    Pourquoi ne m’a-t-on pas prévenu ?

    Pourquoi ai-je vécu de fausse espérance ?

    Pourquoi ne m’a-t-on pas dit que l’éternelle jeunesse était une illusion ?

    J’ai échangé des années de vieillesse et de sagesse contre des années de jeunesse et de paresse.

    Oui le miroir me mentait.

    Oui le tableau me devinait

    Car pendant ce temps mon âme suivait son sournois chemin.

    Sans que je le sache le Malin continuait 

    à piller mon âme et récoltait son butin.

    Oui je voulais que mon visage conserve sa beauté.

    Oui je voulais que cette séduisante beauté suscite l’amour et l’admiration.

    Mais dans cette beauté tout était mensonge et illusion.

    Seul le tableau haït disait cette horrible vérité que je n’ai jamais pu supporter.

    Devrais-je être l’assassin de l’être figuré ?

    Serais-je l’assassin de mon illusion ?

    Monologue de Dorian Gray par Lucas et Victor Mac le 12 décembre 2019

  • Arrivée d’un nommé Louis-Alexandre

    novembre 13th, 2023

    Bonjour,

    Depuis quelques mois, déjà, j’avais décidé de rencontrer mes chers parents. 

    Après un long voyage, de plus de 284 jours, j’ai débarqué auprès d’eux le 

    le Mardi 8 Avril 1997 à (exactement) 10H15.

    Dans un endroit, paraît-il particulièrement adapté à une première rencontre. Le lieu-dit :

    MATERNITE de COURBEVOIE dans les HAUTS DE SEINE.

    Maman était tout essoufflée et des gouttes de sueur perlaient à son front. 

    Elle était en retard et elle avait dû courir pour être présente à notre rendez-vous.

    Papa, quant à lui, semblait beaucoup plus ‘’cool’’ (???)

    Les premières choses que j’ai découvertes dans leurs yeux sont ce que on appelle 

    la joie, l’amour et la tendresse.

    Ils me les ont dits avec des mots, beaucoup de mots, que je ne sais pas traduire encore.

    Ah ! J’oubliais. Ils m’ont fait aussi des câlins. Beaucoup de câlins.

    Pourvu que ça dure.

    Ils m’ont proposé de venir vivre avec eux. 

    Pour me séduire ils m’offrent le gîte et le couvert.

    Une chambre, soi-disant, spécialement aménagée et décorée à mon attention et du lait maternel ‘’extra frais’’ à volonté. 

    Directement du producteur (seins gauche et droit) au consommateur.

    Ils m’ont également vanté une nombreuse et chaleureuse parenté.

    Un frère, une sœur, sans oublier les futurs beau-frère et belle-sœur, un grand père, deux grand-mères, au moins huit oncles et tantes et pas moins d’une dizaine de cousins et cousines.

    Tous impatients de me rencontrer.

    Sans compter les nombreux amis. Et aussi les curieux.

    Ma curiosité a été la plus forte et j’ai accepté leur offre ‘’à lait chante’’.

    J’ai donc pris une chambre chez mes parents.

    Aussi vous pourrez me rencontrer ou m’écrire, pour les prochaines années, à l’adresse suivante :

                                       Louis-Alexandre

                                               chez

                                       VBB

                                    15, rue Maurice Laisney

                                92600 ASNIERES SUR SEINE

    Gros bisous.

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