L’armée israélienne et les animaux de Gaza (suite)
Ça n’a pas trainé !!
Suite à mon article sur les animaux abandonnés à Gaza et soignés par Tsahal
J’ai reçu un appel téléphonique d’un haut gradé de l’armée israélienne (un colonel je crois)
Il m’a attaqué bille en tête et d’une voix agressive sinon autoritaire il me dit :
« Vous avez raconté que des conneries dans votre texte sur les animaux de Gaza.
Vous dite n’importe quoi et vous ne savez rien sur ce qui se passe exactement à Gaza.
Vous pouvez toujours écouter les informations mensongères du Hamas mais vous ne connaîtrez jamais la vérité sur la guerre à Gaza.
Nous n’acceptons aucun journaliste ‘’étranger’’ et nous leur interdisons de pénétrer sur ce territoire de guerre. Ils savent maintenant que c’est une zone très dangereuse pour eux et ce qu’il en couterait s’ils enfreignent nos ordres –> déjà plus de 90 journalistes (non agrées) ont été tués par des balles perdus ou des explosions.
Dommages collatéraux direz-vous mais c’est comme ça.
Seuls quelques journalistes agrées (‘’amis’’) sont autorisés à nous accompagner et on leur fait voir ce que nous voulons et nous leur disons ce qu’ils peuvent rapporter. Tout ça c’est »secret défense’’.
« Je croyais qu’Israël était une démocratie, qu’il n’y avait pas de censure et que la presse était libre ? »
J’essayais de placer un mot mais il ne me laissait aucun espace.
« Taisez-vous ! Nous sommes en guerre ! Et à la guerre comme à la guerre on fait ce qu’on peut »
« D’accord, mais comment expliquer tous ces morts ? »
« Ce sont pour beaucoup des dommages collatéraux.
OK, on reconnait que c’est plus facile de tuer des femmes, des enfants et des vieux que ces terroristes du Hamas.
Ces salauds se cachent dans des tunnels et parmi les ruines.
On essaye bien de faire parler des prisonniers pour savoir où se trouve les entrées de ces putains de tunnels mais ce n’est pas facile. Beaucoup résiste et préfère mourir que de parler. Mais nous croyons que la plupart ne savent rien. »
« Vous continuez à les appelés ‘’terroristes’’, mais dans Gaza ne sont-ils pas des combattants en face d’autres combattants ?? »
« Non ! Tous les palestiniens sont des terroristes et le Hamas particulièrement ! »
« Mais les enfants quand même ? »
« Surtout les enfants. Ils commencent très jeunes à lancer des pierres et à transporter des armes et des explosifs. »
« Alors vous faites exactement ce qu’a dit Nicolas Machiavel : Tuez aussi les bébés et les enfants sinon vous laisseriez vivre des ‘’futurs terroristes’’. N’est-ce pas une guerre génocidaire ? »
« Encore des conneries ! Vous dites vraiment n’importe quoi vous ! Vous ne savez même compter !
Faire un génocide supposerait éliminer 2,5 millions de gazaouis, au rythme actuel de 80.000 morts par an —> cela nous prendrait environ 35 ans ! Vous croyez qu’on a 35 ans devant nous ?
Biden et Netanyahou ne vivront pas aussi longtemps. Ni Trump d’ailleurs ! Alors qu’est-ce qu’on fait ? Répondez vous le malin ! »
« Faites une trève. Pouce comme on dit. Discuter avec vos ennemis les palestiniens. Pendant qu’on discute on ne se tue pas. C’est déjà ça. Et au bout d’une négociation il y aura peut-être la paix ? »
« Vous êtes vraiment indécrottable vous. Vous feriez mieux de vous occuper de l’Ukraine et de Poutine. C’est plus facile à comprendre.
Je vais vous laisser il n’y a rien à espérer de vous.
Je vais raccrocher mais avant je vais vous donner un conseil et vous dire une dernière chose (ce n’est pas un secret) :
1) Regardez et étudiez l’histoire de cette région de Palestine. Depuis toujours, à part quelques périodes de répit, cette région a été en guerre `
—> invasion, croisades, ré-invasion, re-croisades, des dieux, un dieu, des dieux, un dieu. Tous ces peuples sémites Akkadiens, Cananéens, Araméens, Phéniciens, Egyptiens, Hébreux, Arabes, … et j’en oublie. Tous ces peuples, pendant des millénaires, se sont battus, mélangés, rebattus, re-mélangés. Pourquoi voudriez-vous que cela s’arrête ?
2) L’état d’Israël, depuis bientôt 80 ans, est la seule invention nouvelle dans cette région. Pour exister Israël doit être en guerre. Pas de guerre, pas d’Israël ! Alors on va continuer. »
Il me raccroche au nez sans un adieu.
Cloué sur ma chaise, les oreilles encore bourdonnantes (j’avais des écouteurs) je reste dubitatif un bon moment.
Le colonel a peut-être raison. La Palestine est comme une immense arène, un grand stade. Et dans cette grande arène les gladiateurs s’affrontent. Nous sommes les spectateurs, certains d’entre-nous ont leur champions. Le pouce est constamment baissé. C’est une lutte à mort.
Malgré nous nous sommes obligés d’assister à cet interminable spectacle. A la longue sommes-nous devenus blasés, indifférents ? N’y-a-t-il pas de la souffrance en nous spectateur ? Sommes-nous encore des êtres humains ? L’humanité peut-elle disparaitre ? A-t-elle déjà disparue ?
Je crois que je n’ai pas encore raccroché.
Victor Mac le 7 mars 2024