Cette histoire est fantastique, sinon drôle, mais, à la fin, surtout tragique.
C’est vrai que les rêves ou les fantasmes de l’homme sont sans limite. L’histoire de l’humanité nous en a donné de nombreux exemples. Sur le plan littéraire, on a même inventé un genre : la science-fiction.
Dans ses rêves et sa quête, l’homme espère toujours un avenir meilleur pour lui-même et pour ses semblables. Cela étant dit, revenons à notre histoire.
Un voyageur iranien, de retour d’Afghanistan, s’est confié à quelques proches. Pendant son séjour, il a rencontré des universitaires. Eh oui, il y a des universités dans ce pays dirigé par les Talibans (mot afghan signifiant « étudiants »). On peut même dire que l’Afghanistan est une immense université réservée aux hommes, dont les femmes sont exclues.
D’après ce voyageur, il semblerait qu’un groupe de Talibans ultra-radicaux, pour ne pas dire déviationnistes, développe un programme secret de recherche génétique sur l’hermaphrodisme.
Késaco ? Comme disait mon boulanger préféré.
L’hermaphrodisme désigne le fait, pour un être vivant, d’être doté à la fois de caractères sexuels mâles et femelles. On le retrouve chez de nombreuses plantes et animaux, mais aussi chez certains humains. Scientifiquement parlant, seuls les individus ayant la capacité de se reproduire à la fois comme mâles et comme femelles au cours de leur vie sont considérés comme hermaphrodites (source : Wikipedia).
Waouh ! Ça, c’est de la vraie science-fiction.
Par honnêteté intellectuelle et rigueur scientifique, sinon littéraire, j’ai relu tout Jules Verne, une grande partie du Coran, et l’Ancien comme le Nouveau Testament (la Bible, pour ceux qui ne connaissent pas). J’ai évité la Torah, car on la retrouve en grande partie dans la Bible. Eh bien, je n’ai rien trouvé concernant l’hermaphrodisme.
En discutant de ce sujet avec un ami, que je considère comme un éminent érudit, il m’a fait remarquer la chose suivante :
Par une certaine analogie, la naissance de Jésus pourrait être vue comme un cas d’hermaphrodisme. En effet, selon les croyants, la Vierge Marie aurait enfanté Jésus sans jamais avoir été fécondée par Joseph ou un autre homme.
Par ailleurs, la mythologie grecque, pour ne citer qu’elle, relate également des cas d’hermaphrodisme. Pour ceux que cela intéresse, relisez (ou lisez) les Métamorphoses d’Ovide, qui racontent la légende de l’union, pour ne pas dire la fusion, entre Hermès et Aphrodite. À la lumière de ces informations, pour les croyants, Dieu avait déjà prévu ce cas.
Cette dernière idée est importante pour les Talibans, car ils ne pourraient alors pas être accusés d’agir contre Allah.
Revenons à une approche plus scientifique, en nous basant sur nos connaissances en génétique. Il est vrai qu’un certain nombre d’êtres humains, hommes et femmes, naissent avec des caractéristiques des deux sexes. Il existe en effet des représentations, photos, tableaux et statues, de personnages ayant à la fois un pénis et des seins. Attention, à ne pas confondre avec les hommes obèses qui, selon les mauvaises langues, ont souvent une poitrine généreuse et un petit pénis.
Les scientifiques talibans sont aidés dans leurs recherches par des savants nord-coréens et iraniens. Il se pourrait même que Kim Jong-un s’y intéresse, pour assurer sa dynastie en Corée du Nord. Quant à Ali Khamenei, le guide suprême iranien, la question rejoint celle des talibans radicaux.
Alors, quel est l’objectif de ces chercheurs ? Ne plus être dépendant des femmes pour se reproduire. Cela permettrait, une fois pour toutes, de reléguer les femmes à des rôles non essentiels pour l’avenir de l’homme, et pour leurs organisations sociales et politiques — en clair, à la domesticité. Le monde domestique deviendrait le royaume exclusif des femmes.
Sinon, à vouloir faire disparaître totalement les femmes de la surface de la Terre, je ne vois pas d’autre utilité à ce programme.
La réussite d’un tel projet semble bien aléatoire, même si l’on croit que la science peut résoudre tous les problèmes de l’humanité.
Quant à reléguer les femmes à la domesticité, désolé de le dire, mais c’est déjà le cas dans de nombreux pays et sociétés.
Pour les Talibans, nous les encourageons à faire des recherches plus axées sur la sociologie. Peut-être auront-ils alors moins peur des femmes.
Cette histoire est dédiée aux femmes afghanes et au mouvement iranien « Femmes, Vie, Liberté ».
Victor Mac le 21/09/24