Boeing et Ryanair, c’est ….. le pied !

J’ai fait un petit voyage de trois jours dans la province de Venise (ne rêvez pas, c’était pour le travail).
Pour m’y rendre, j’ai le choix entre plusieurs compagnies aériennes. Cette fois, j’ai opté pour Ryanair. L’avantage de cette compagnie, c’est qu’elle est souvent la moins chère. Et pour cause : avec Ryanair, on fait toujours une partie du voyage à pied. Le grand patron, le fameux Michael O’Leary, préfère que ses avions soient en vol plutôt qu’immobilisés au sol. Alors croyez-moi, ça tourne ! D’où la marche à pied pour se rendre à l’avion dès qu’il a atterri (sans jeu de mots). Une fois vidé de ses passagers, les nouveaux embarquent aussitôt et l’avion peut redécoller dans la foulée. Il faut que ça vole, je vous dis !

Mais voilà, ces derniers temps, Ryanair connaît quelques déboires.

Pour des raisons économiques et de facilités de maintenance, la compagnie utilise exclusivement des Boeing 737-800, d’environ 200 places. Jusqu’à présent, c’était un excellent avion. Ryanair en a commandé des milliers, et continue de le faire. Michael est le plus gros client de Boeing et sait comment obtenir les meilleurs prix (parfois en dessous du coût de revient, paraît-il). C’est peut-être ce qui explique les difficultés de Boeing à « make money », comme on dit aux États-Unis. Boeing est contraint de traquer les moindres frais injustifiés, de compresser tous les coûts, y compris les salaires, sauf celui du PDG, bien sûr.

De plus, pas de chance pour Boeing, il doit actuellement faire face à un concurrent redoutable qui enchaîne les succès avec des avions souvent moins chers et plus performants. Vous le connaissez sûrement : Airbus.

Mais à force de chercher à économiser, la qualité et la sécurité des avions en pâtissent.

Boeing accumule les incidents techniques en plein vol : des portes arrachées, des trains d’atterrissage qui se décrochent, des roues qui tombent sur la tête des passants, des pièces de moteur qui s’envolent. Il faut absolument stopper cette hécatombe. Michael est furieux, et je ne vous parle même pas de sa colère. À chaque panne d’un 737, il réclame des dommages et intérêts à Boeing.

Résultat : le PDG de Boeing a été remercié (avec une belle prime, cela va de soi), et depuis, les choses commencent doucement à s’améliorer chez l’avionneur. C’est rassurant pour les passagers qui voyagent sur les Boeing 737 de Ryanair.

Vous vous demandez où je veux en venir avec cette histoire qui commence à durer ?

Eh bien, voilà : avec d’autres voyageurs, j’avais embarqué dans un avion Ryanair pour un vol de Trévise à Paris-Beauvais, fief de la compagnie en France. L’avion est plein, tout le monde est installé, les portes sont fermées et nous roulons vers la piste de décollage. Mais à peine avons-nous fait 100 mètres que l’avion retourne au parking. Que se passe-t-il ? Déjà que nous avions une heure de retard… Finalement, on nous explique qu’il y a un incident technique mineur qui prendra une heure ou deux à être réparé. Nous sommes donc débarqués avec nos bagages et retournons dans l’aérogare. Depuis les vitres, nous voyons les techniciens s’affairer sur le moteur gauche (apparemment, ce moteur avait déjà eu un incident, ce qui expliquait le retard). Incident mineur ? Tu parles, Charles !

Bref, tout cela pour dire que Boeing fait vraiment des gros progrès. Il y a encore quelque temps, les incidents survenaient toujours EN VOL, mais maintenant ils se produisent au SOL. Indéniablement, la sécurité s’améliore : c’est ce qu’on appelle la « sécurité renforcée ».

Petit conseil pour les boursicoteurs : achetez des actions Boeing maintenant, car elles sont au plus bas. Et si les progrès continuent, elles finiront bien par « s’envoler ».
Ah, j’oubliais : on nous a changé d’avion pour le vol retour vers Paris. C’était sans doute préférable.

Victor Mac le 28/04/2024



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